Intégrer la culture dans le développement durable : retour sur la série de webinaires du SDGWG

An image showing a colourful wheel featuring the 17 Sustainable Development Goals against a grey background, with two butterflies cut out from yellowish paper.

Entre mai et juillet 2026, le groupe de travail de l’ICOMOS sur les objectifs de développement durable (SDGWG) a organisé une série de webinaires régionaux intitulée « Intégrer la culture et le patrimoine culturel dans le développement durable ». Ces webinaires ont réuni des Comités nationaux et des professionnels du monde entier pour une période consacrée à l’apprentissage stratégique, aux discussions et à l’engagement concret.

Renforcer les connaissances en matière de développement durable dans le secteur du patrimoine

Le SDGWG a organisé cette série de webinaires afin de combler une lacune politique majeure : alors que le patrimoine culturel est un moteur de la résilience locale, de l’identité et de la cohésion sociale, il reste pratiquement invisible au sein de l’Agenda 2030 des Nations unies, où il n’est explicitement mentionné que dans la cible 11.4 des ODD. Par conséquent, des réalisations inestimables en matière de patrimoine sont souvent exclues des financements publics et des décisions politiques, faute de rapports structurés et axés sur les résultats.

Cette série de formations a été conçue à l’intention des membres de l’ICOMOS et des professionnels du patrimoine afin de soutenir la campagne mondiale #Culture2030Goal. Elle a fourni aux participants des boîtes à outils de reporting standardisées, à savoir le modèle de cartographie et le cadre structurel pour les sous-chapitres consacrés à la culture dans les examens nationaux volontaires. Concrètement, ces outils ont permis de traduire des données qualitatives recueillies sur le terrain au niveau local en données quantitatives prêtes à être intégrées dans des rapports.

La série de webinaires a mobilisé un large éventail de parties prenants, notamment:
• Comités nationaux de l’ICOMOS
• professionnels du patrimoine et experts en conservation
• chercheurs universitaires et établissements d’enseignement supérieur
• autorités locales et municipales
• responsables régionaux et coordinateurs internationaux

Un programme international

Le programme, étalé sur plusieurs mois, a proposé des sessions régionales dédiées, animées par des experts et des points focaux, afin de répondre aux réalités locales et aux enjeux propres à la mise en œuvre des outils. Dans les États arabes, en Europe et en Amérique du Nord, en Afrique et dans la région Asie-Pacifique, ces webinaires ont mobilisé les réseaux locaux pour traduire les cadres mondiaux de durabilité en outils patrimoniaux concrets.

Dans les États arabes et en Afrique, les participants se sont concentrés sur la localisation technique et linguistique (notamment les traductions en arabe et en français), tout en établissant une coordination directe avec les autorités nationales afin d’intégrer des sous-chapitres patrimoniaux structurés dans les prochains Examens nationaux volontaires (VNR).

En parallèle, les sessions organisées en Europe, en Amérique du Nord et dans la région Asie-Pacifique ont permis d’articuler les modèles de rapport mondiaux avec les débats locaux sur la conservation. Les échanges dans ces régions ont porté sur la manière de mesurer des valeurs culturelles qualitatives au sein de cadres onusiens quantitatifs. Ils ont également mis en lumière la façon dont les savoirs autochtones, traditionnels et ancrés dans les territoires constituent une technologie essentielle pour l’adaptation climatique et la résilience des communautés.

Ces ateliers régionaux ont permis de préparer avec succès des comités mondiaux divers à démontrer, de façon structurée, que la culture est un moteur indispensable du développement durable.
Le programme des webinaires s’est déroulé en séquences, guidant les participants d’une stratégie de haut niveau vers une mise en œuvre localisée, à travers cinq segments successifs.

Structure du webinaire

Les sessions ont débuté par un temps d’accueil et d’alignement stratégique. Ce moment a posé les bases de la coopération régionale et affirmé clairement l’identité du SDGWG en tant que véritable laboratoire de politiques. Animé par le Vice-Président régional ICOMOS concerné et par Dr Naima Benkari (point focal ICOMOS-SDGWG), ce segment introductif a montré comment les réseaux mondiaux peuvent transformer efficacement une expertise de terrain qualitative en données prêtes à intégrer les politiques publiques.

Contexte onusien et ressources de rapport en libre accès

Prenant appui sur cette dynamique, Olga Partina (membre du Comité de pilotage ICOMOS-SDGWG) a ensuite abordé le contexte onusien et le plaidoyer pour un objectif culturel autonome. Sa présentation a analysé en profondeur l’architecture des ODD à l’ONU, les Examens nationaux volontaires (VNR) et les Examens locaux volontaires (VLR). En s’attaquant directement aux lacunes actuelles en matière de représentation culturelle au sein des ODD, elle a présenté les efforts de plaidoyer mondial en faveur d’un « Objectif » autonome, visant à garantir la durabilité culturelle pour le bien-être de tous.
Une fois ce contexte politique posé, le webinaire est entré dans une phase pratique : une démonstration d’outils par Dr Andris Kairiss (développeur d’outils ICOMOS-SDGWG). Ce segment a proposé une présentation en direct de deux nouvelles ressources de rapport en libre accès. Dr Kairiss a offert une formation pratique à l’utilisation du Cadre structurel, qui sert de guide pour la rédaction des sous-chapitres VNR et VLR. Il a également présenté le Modèle de cartographie, une matrice interactive conçue pour évaluer et décrire les contributions spécifiques des projets patrimoniaux locaux aux ODD.

Consciente que les outils mondiaux doivent s’adapter à des contextes opérationnels divers, Dr Farnaz Farraji, coordinatrice de la communication du SDGWG, a présenté l’application technique et la localisation des traductions. Elle a ouvert le back-end technique afin de présenter la conception, l’accessibilité et les protocoles stricts de protection des données de la plateforme. Elle a également montré comment la plateforme génère des PDF localisés et a souligné les efforts en cours pour traduire le cadre dans les principales langues mondiales, notamment l’arabe, le français, l’espagnol, le chinois, le bengali et l’hindi.

Recueil des retours des participants: mises en oeuvre régionales

La formation intensive s’est achevée par une consultation interactive et une séance de questions-réponses. Pour ce segment final, les Vice-Présidents régionaux ICOMOS et Dr Naima Benkari sont revenus animer un forum ouvert et dynamique. Ce dernier segment a été consacré au recueil des retours des participants et à la définition des prochaines étapes pour les mises en œuvre régionales. Les participants ont activement échangé sur des stratégies d’intégration concrètes, telles que l’articulation de ces nouveaux outils avec les cadres locaux existants (par exemple les cadres d’action locale de CGLU), l’intégration de données GPS dans les rapports, et l’établissement de collaborations significatives avec les ministères nationaux pour garantir un impact durable.

Perspectives

Dans l’ensemble, ce cycle de formation mondial reflète l’engagement croissant du réseau ICOMOS à renforcer la culture du développement durable au sein de la profession patrimoniale. Pour la suite, le SDGWG invite les Comités nationaux à :

  • désigner des référents SDG dédiés,
  • dialoguer avec les ministères nationaux, et
  • déployer ces outils pour élaborer des sous-chapitres prêts à intégrer les rapports, en vue des prochains cycles d’examen de l’ONU.

Pour la suite, le SDGWG prévoit de présenter le même contenu lors d’un atelier en direct à l’Assemblée générale triennale de l’ICOMOS, en octobre 2026.

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