Clôture du programme de renforcement des capacités sur l’architecture en terre résiliente au changement climatique en Afrique

Photo de tous les experts et participants au programme en compagnie de M. Pingdwendé Gilbert Ouedraogo.
Crédits: DCRP / MCCAT

Du 5 au 11 mai 2026, l’ICOMOS, en collaboration avec l’ICOMOS Burkina Faso et avec le soutien de l’ALIPH, a organisé avec succès le “Programme de renforcement des capacités pour une architecture en terre résiliente au changement climatique en Afrique” à la Cour royale de Tiébélé, au Burkina Faso.

Réunissant 25 professionnels du patrimoine en début ou en milieu de carrière issus de 16 pays africains, ce programme de formation régional a abordé l’un des défis les plus urgents auxquels le patrimoine culturel est confronté aujourd’hui : l’impact du changement climatique sur le patrimoine architectural en terre à travers l’Afrique.

Renforcer l’expertise africaine pour une conservation du patrimoine résiliente au changement climatique

Sur l’ensemble du continent africain, le patrimoine architectural en terre est de plus en plus menacé par les inondations, les sécheresses, les tempêtes, l’érosion et la dégradation environnementale à long terme. Ces pressions liées au climat accélèrent la détérioration des structures historiques et affectent directement les communautés qui les entretiennent et les habitent.

Organisé à la Cour royale de Tiébélé, inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, le programme de formation a fourni aux participants des outils à la fois théoriques et pratiques pour mieux évaluer, prévenir et répondre aux risques climatiques affectant les sites du patrimoine en terre.

Tout au long de ce programme de huit jours, les participants ont pris part à des sessions bilingues anglais-français combinant :

  • des méthodologies de conservation du patrimoine,
  • l’évaluation des risques climatiques,
  • la préparation aux situations d’urgence et la réponse aux catastrophes,
  • des exercices sur le terrain,
  • l’observation et la documentation des sites,
  • ainsi que des échanges sur les systèmes de connaissances locaux et les techniques traditionnelles de construction en terre.

Tiébélé, un laboratoire vivant

La cour royale de Tiébélé a constitué un cadre d’apprentissage unique où les participants ont pu se confronter directement aux réalités de la conservation de l’architecture en terre face aux pressions climatiques. Réputé pour ses traditions de peinture murale kassena et ses enceintes en terre caractéristiques, le site a offert des études de cas pratiques étroitement liées aux communautés locales et aux pratiques du patrimoine vivant.

Le programme a mis l’accent sur l’intégration des savoirs traditionnels dans les stratégies d’adaptation au changement climatique. Les participants ont échangé avec les acteurs locaux, les artisans et les représentants des communautés afin de mieux comprendre les dimensions sociales, culturelles et environnementales du travail de conservation à Tiébélé.
Les activités sur le terrain et les exercices pratiques ont permis aux participants d’appliquer les principes de conservation directement sur place, renforçant ainsi l’importance d’approches locales et durables pour la protection du patrimoine.

Coopération régionale et partage des connaissances

L’un des principaux objectifs du programme était de renforcer la coopération régionale entre les professionnels africains du patrimoine travaillant dans les domaines de la conservation, de l’adaptation au changement climatique, de la gestion des risques de catastrophe et de l’architecture en terre.
Cette formation a permis de mobiliser un vaste réseau d’experts par l’intermédiaire des comités scientifiques et des groupes de travail de l’ICOMOS, avec notamment la participation de membres du Comité scientifique international sur le patrimoine architectural en terre (ISCEAH) et du Groupe de travail de l’ICOMOS sur l’action climatique (CAWG).
Les participants ont également rencontré deux personnalités importantes : Mme Kayè Tintana, reconnue par le ministère burkinabé de la Culture et du Tourisme comme “Trésor humain vivant”, ainsi que M. Pingdwendé Gilbert Ouedraogo, ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme du Burkina Faso.

En réunissant des profils issus de divers horizons professionnels et géographiques, le programme a encouragé l’apprentissage entre pairs, le dialogue interdisciplinaire et la collaboration à long terme entre les institutions, les praticiens, les chercheurs et les acteurs locaux à travers le continent.

Renforcer la résilience à long terme du patrimoine africain

L’achèvement de cette formation marque une étape importante dans le renforcement des capacités africaines en matière de conservation du patrimoine résiliente au changement climatique. Les participants sont invités à réinvestir les méthodologies, les outils et les expériences acquis au cours du programme au sein de leurs institutions et de leurs réseaux professionnels, contribuant ainsi à une protection plus large du patrimoine en terre à travers l’Afrique.

Cette initiative reflète également l’engagement continu de l’ICOMOS et de ses partenaires à soutenir des approches de l’action climatique dans le secteur du patrimoine qui soient ancrées localement, fondées sur les communautés et durables.

Alors que le changement climatique continue de menacer le patrimoine culturel à l’échelle mondiale, des programmes comme celui-ci mettent en avant le rôle essentiel du partage des connaissances, de la coopération régionale et des techniques de construction traditionnelles pour préserver le patrimoine vivant de l’Afrique au profit des générations futures.

Évènements liés

Voir tous les évènements

Actualités liées

Voir toutes les actualités

Communiqués de presse liés

Voir tous les communiqués