
Du 1er au 3 juillet 2026, Samarcande (Ouzbékistan) a accueilli la formation de renforcement des capacités liées au changement climatique pour les professionnels du patrimoine en Asie centrale. Mise au point par le Groupe de travail sur l’action climatique (CAWG) de l’ICOMOS, cette formation régionale a réuni 21 professionnels du patrimoine venus du Kazakhstan, du Kirghizistan, du Tadjikistan, du Turkménistan et de l’Ouzbékistan.
Le changement climatique affecte de plus en plus le patrimoine culturel de toute l’Asie centrale, tant matériel qu’immatériel.
Face à ces défis, l’ICOMOS a lancé un programme régional de renforcement des capacités visant à améliorer les connaissances des professionnels du patrimoine en matière de climat.
Organisé en collaboration avec des partenaires internationaux et régionaux, ce programme de trois jours avait pour objectif, pour les participants, d’approfondir la compréhension du changement climatique et ses implications pour le patrimoine culturel. Parallèlement, cette formation a fourni des outils pratiques pour soutenir l’action climatique dans l’ensemble du secteur du patrimoine.
La formation s’est ouverte par des allocutions de bienvenue prononcées par des représentants de :
La première journée a permis de présenter les fondements scientifiques du changement climatique et d’examiner ses impacts sur le patrimoine culturel.
Au cours d’une série de sessions interactives animées par Ave Paulus et Sarah Forgesson, du groupe de travail CAWG, les participants ont exploré les liens entre la science du climat et la conservation du patrimoine. Ils ont ensuite abordé la question des émissions de carbone ainsi que les stratégies d’atténuation pertinentes pour le secteur du patrimoine.
S’appuyant sur ces bases, la deuxième journée de formation s’est concentrée sur la mise en pratique des connaissances. Les participants ont ainsi exploré les moyens d’intégrer la résilience climatique et l’adaptation au changement climatique dans les pratiques de gestion et de conservation du patrimoine. L’après-midi, un module de “formation des formateurs” a favorisé le travail collaboratif en groupe, et a permis aux participants d’acquérir les méthodes et les compétences nécessaires pour dispenser des formations sur la culture climatique au sein de leurs propres organisations et communautés.
Le dernier jour, les participants ont assisté à une session sur la documentation numérique animée par Gai Jorayev, de l’ICOMOS Royaume-Uni et du projet “Paysages archéologiques d’Asie centrale” (CAAL).
Enfin, le programme s’est achevé par une visite guidée de plusieurs monuments emblématiques de Samarcande, notamment la place Registan, la mosquée Bibi-Khanym, le complexe architectural de Shakhi-Zinda et le musée d’Afrosiab.
Cette visite de terrain a permis aux participants de réfléchir aux thèmes abordés tout au long de la formation, tout en découvrant par eux-mêmes la richesse et la diversité du patrimoine culturel de l’Ouzbékistan.
Le support de formation principal du programme “Climate Literacy for Heritage Professionals” de l’ICOMOS a été adapté et personnalisé à la situation et aux menaces climatiques propres à l’Asie centrale – notamment par le groupe de formateurs de l’ICOMOS, dont fait également partie William Megarry, membre du Groupe de travail sur l’action climatique.
En combinant connaissances scientifiques, renforcement des capacités pratiques et apprentissage sur le terrain, cette formation a permis aux participants d’acquérir une compréhension globale des défis que le changement climatique fait peser sur le patrimoine culturel.
De surcroît, cet évènement a renforcé la coopération régionale et encouragé l’échange de connaissances et d’expériences entre les professionnels du patrimoine de toute l’Asie centrale.
De retour dans leurs institutions respectives, les participants sont désormais mieux armés pour :
Par conséquent, l’ensemble complet des supports de formation sera traduit en russe, en ouzbek, en kazakh, en kirghize, en tadjik et en turkmène, ce qui permettra une large diffusion et un transfert des connaissances acquises dans toute la région.
De telles formations contribuent non seulement au développement professionnel individuel, mais aussi à la mise en place d’un réseau régional plus solide, engagé dans la sauvegarde du patrimoine culturel de l’Asie centrale face au changement climatique.
Ce projet est rendu possible grâce au soutien d’ALIPH et de l’Union européenne.