Les Monastères orthodoxes dans les balkans
par
Prof. Dr Todor Krestev, Université d'Architecture, de Génie civil et de Géodésie, Sofia
Prof. Dr Elka Bakalova, Nouvelle Université Bulgare, Sofia
Table des matières
I Introduction - définitions II Histoire des monastères orthodoxes dans les Balkans
II.1 Période Paléochrétienne et période Protobyzantine (jusqu'au Xe siècle) II.2 Période Méso-byzantine (Xe-XIIe siècle) II.3 Basse période byzantine (XIIIe-XVe siècle) II.4 Période Post-byzantine (XVe-XVIIe siècle) II.5 Période XVIIIe-XIXe siècle III Typologie des monastères orthodoxes dans les Balkans
III.1 En fonction de la place représentative du monastère au cours des différentes étapes de l'évolution historique III.2 En fonction du site III.3 En fonction de la structure spatiale et fonctionnelle III.4 En fonction de la stratification historique III.5 En fonction de la forme de l'organisation territoriale III.6 En fonction de l'attitude à l'égard de la nature III.7 En fonction de la typologie du catholicon IV Critères proposés pour le classement des monastères orthodoxes dans les Balkans V Bibliographie générale
AnnexeItinéraires culturels du Sud-Est Européen - monastères et centres religieux dans la région. Projet multinational dans le cadre de la Campagne du Conseil de l'Europe « Europe, un patrimoine commun » ; PRIX JEP 2000, Grand prix 2002 de la Délégation de l'Union Européenne en Bulgarie ; Promoteur et coordinateur du projet : ICOMOS/Bulgarie ; Sponsors : La Fondation Roi Baudouin, Programme PHARE BG 9606, La Fondation Société Ouverte.
LES MONASTÈRES ORTHODOXES sont des éléments culturels très caractéristiques de la région des Balkans. Il existe plusieurs études sur leur développement dans les différentes parties de cette région et sur leurs types spécifiques. Cependant, les études comparatives portant sur l'ensemble de la région restent très insuffisantes, ce qui rend plus difficile encore l'évaluation des exemples concrets. Dans ces conditions, faire l'évaluation des monastères orthodoxes, proposés pour inscription sur la Liste du Patrimoine mondial, engendre des risques de surestimer ou sous-estimer leurs valeurs culturelles réelles. Tout en tenant compte de ces risques, nous trouvons opportun de commencer cette étude par une analyse comparative des définitions fondamentales qui limitent progressivement le sujet étudié : monastères chrétiens - monastères chrétiens orthodoxes - monastères chrétiens orthodoxes dans les Balkans.
La notion de monastère doit être étudiée sous deux aspects :
- en tant qu'institution d'une communauté de religieux, habitant à l'écart du monde, après avoir fait des voeux solennels et après s'être engagés à suivre certaines règles et normes disciplinaires (l'ordre monastique) ;
- en tant qu'établissement - ensemble d'installations, destinées à assurer le fonctionnement de l'institution monastique.
Il est certain qu'une telle organisation de religieux et son milieu associé sont typiques non seulement pour le christianisme, mais également pour d'autres religions (brahmanisme, bouddhisme, judaïsme, le culte de Sérapis en Égypte). Cette forme d'organisation devient également particulièrement répandue dans la religion chrétienne - depuis les premiers documents authentiques sur les moines chrétiens qui apparaissent au IIIe siècle jusqu'à nos jours.
Par principe, les monastères chrétiens possèdent les mêmes caractéristiques, puisque la communauté de moines chrétiens professe les mêmes idéaux. Le plan du monastère de Saint- Gall en Suisse (IXe siècle) contient des éléments fonctionnels qui, généralement, ne sont pas différents dans les autres communautés chrétiennes.
Sur cette base générale, les monastères chrétiens orthodoxes ont leur propre spécificité. Le mot « orthodoxe » ne suffit pas pour la définir - il est employé depuis l'époque paléochrétienne pour exprimer la mission des moines qui consiste à maintenir la pureté de la croyance authentique, et notamment, en s'opposant aux hérésies qui la menacent. En général, le premier monachisme anachorète (érémitique) du IIIe et IVe siècle en Égypte, en Palestine, en Syrie et, plus tard, en Europe a partout des traits caractéristiques communs. Les divergences entre l'Église Occidentale et l'Église Orientale commencent par la création du monachisme cénobitique et la nécessité de réglementer certaines normes disciplinaires dans la communauté. Il est important de souligner que l'Orient orthodoxe est l'héritier direct de la culture monastique cénobitique du temps paléochrétien.
Le schisme définitif entre l'Église romaine et l'Église byzantine (1054) ne fait qu'institutionnaliser les divergences dans les dogmes et dans les rites, après quoi les deux églises se développent tout à fait indépendamment l'une de l'autre.
La notion d'Église orthodoxe peut être étudiée sous trois aspects :
- géographique - qui met l'accent sur les églises situées dans la partie orientale de l'Europe, le Proche et le Moyen-Orient (bien que des groupes orthodoxes soient présents aussi dans d'autres parties du monde) ;
- de culte - qui est conforme au culte paléochrétien et satisfait aux décisions prises par les sept conciles oecuméniques chrétiens et approuvées par l'orthodoxie (IVe- VIIIe siècle) ;
- ethnique - qui exprime le lien spécifique de l'Église orthodoxe avec la vie quotidienne et la culture des peuples concernés. L'orthodoxie préserve l'autonomie des cultures locales, favorise les particularités ethniques et l'office divin en langue indigène, etc., tout en respectant les traits caractéristiques de la communauté orthodoxe.
L'organisation (spatiale et sociale) des ensembles monastiques orthodoxes est l'expression de ce dernier trait caractéristique de l'orthodoxie. Par comparaison avec l'Église d'Occident, on constate que le mode de vie monastique est beaucoup plus individualisé. Tout moine accomplit seul des actes et des rites déterminés, mais il doit rejoindre la communauté au centre de l'ensemble monastique pour en effectuer d'autres. Ceci fait naître un mouvement centrifuge et centripète dans l'ensemble monastique, lequel a formé le modèle spatial centré le plus répandu des monastères orthodoxes.
Les monastères orthodoxes des Balkans (la Péninsule balkanique) qui englobent l'Albanie, la Bulgarie, Chypre, la Grèce, la Macédoine, la Roumanie, la partie européenne de la Turquie et la Yougoslavie, font l'objet de la présente étude. Du point de vue géographique, celle-ci ne couvre qu'une partie du monde orthodoxe. Il existe cependant des raisons pour qu'une étude spéciale, consacrée aux monastères orthodoxes, soit menée dans ce cadre territorial. Les Balkans ne sont pas qu'une simple notion géographique, mais aussi une aire culturelle spécifique, dont l'identité est bien manifeste. Les monastères orthodoxes sont l'expression de cette identité sous trois aspects :
- Racines historiques communes. Les monastères balkaniques présentent des traits généraux de la communauté culturelle byzantine (The Byzantine Commonwealth) et de la culture monastique orthodoxe. Dans le même temps, les différents pays de la région ont un destin historique commun, riche en événements dramatiques, conflits, menaces d'assimilation, etc. C'est dans ces conditions que la mission historique générale des monastères orthodoxes s'est formée : préserver l'identité du monde chrétien et des cultures locales. Cette mission a eu des conséquences non seulement sur les structures de fortification des monastères, mais aussi sur leurs fonctions de foyers littéraires, culturels et éducatifs.
- Carrefour de relations extérieures et intérieures. La position géographique spécifique des Balkans leur assure la fonction historique de médiateur culturel dans les relations entre l'Orient et l'Occident. La région est ouverte vers l'Orient, ce qui en fait le successeur de la culture monastique paléochrétienne. Elle est ouverte également vers l'Occident - vers la culture de l'Europe nordique, centrale et orientale. Le croisement de ces lignes d'interaction détermine la grande variété de types de monastères orthodoxes dans les Balkans. D'autre part, il existe de très fortes interactions au sein de cette aire culturelle, entretenues par de puissants centres monastiques régionaux qui favorisent l'échange de conceptions esthétiques dans l'ensemble de la région (la République monastique de la Sainte montagne du mont Athos ayant le rôle le plus important). Les artistes et les moines voyageant régulièrement, ainsi que les chemins de pèlerinage liant les centres monastiques entre eux contribuent aussi à cet échange. Tout ceci crée des conditions pour la formation de valeurs que nous pourrions définir aujourd'hui comme patrimoine commun.
- Continuité culturelle et dynamisme. Dans le processus constant d'évolution des relations, des centres différents de culture monastique orthodoxe naissent et se développent en attestant de modifications locales spécifiques du modèle monastique orthodoxe général. Ce cycle de grandeur et de décadence entretient la continuité culturelle et la vitalité de la conception du monastère orthodoxe. Par sa nature, la culture orthodoxe elle-même accepte l'identité ethnique et culturelle locale et de cette façon stimule le processus.
Dans la présente étude, les monastères concernés seront mentionnés en fonction du nom du pays balkanique actuel auquel ils appartiennent du point de vue territorial, même si, à l'époque de leur fondation, ils appartenaient à un autre pays ou si le pays actuel concerné n'existait pas encore.
Vu l'impossibilité pour l'étude d'englober la grande quantité de types de monastères orthodoxes dans les Balkans, nous ne retiendrons que certains des exemples les plus typiques, d'une importance majeure pour l'évolution générale.
II. HISTOIRE DES MONASTÈRES ORTHODOXES DANS LES BALKANS
L'ANALYSE HISTORIQUE comparative des monastères orthodoxes est d'une importance cruciale pour l'évaluation de leur valeur culturelle complexe. Dans la présente étude, l'histoire des monastères orthodoxes dans les Balkans sera examinée par période, correspondant aux principales étapes de leur évolution.
II.1 Période Paléochrétienne et période Protobyzantine (jusqu'au Xe siècle) Une particularité importante de la culture orthodoxe balkanique est son ouverture vers l'Orient - vers les territoires paléochrétiens de l'Égypte, la Palestine et la Syrie. Elle est le successeur direct de la culture monastique paléochrétienne car c'est là qu'on retrouve ses racines historiques.
Les premières traces du monachisme anachorétique sont découvertes en Égypte (IIIe siècle), où le désert mythique est le site idéal pour un isolement total. Au IIIe- Ve siècle a lieu la transition historique du monachisme anachorétique au monachisme cénobitique, lié à saint Pacôme le Grand (Égypte, IIIe-IVe siècle), créateur des premières règles de la communauté monastique. Au Ve-VIe siècle, le premier modèle hybride entre les deux formes de monachisme se forme en Palestine et se caractérise par une disposition des cellules anachorétiques autour d'un centre - le monastère cénobitique (laure, lavra) - où les anachorètes se réunissent pour des actes rituels communs. La grande Laure de Saint-Sabas près de Jérusalem est créée suivant ce modèle (IVe siècle) et c'est là que saint Sabas établit le premier statut monastique - typikon, valable pour toute l'orthodoxie. À Constantinople - la capitale de l'Empire byzantin - les premiers signes de la vie monastique apparaissent sous l'empereur Théodose (379-395). Les monastères, liés à l'adoption du christianisme comme religion d'État, sont des institutions qui jouissent du respect des empereurs et des aristocrates.
De cette période date un monastère des plus significatifs de la capitale, celui de Saint-Jean Prodrome (connu comme Saint-Jean-de-Studius), fondé en 463 par le consul Studius. Au VIe siècle, il existe déjà plus de 60 monastères à Constantinople. C'est l'époque des expériences intenses dans le domaine de l'architecture monastique : si la principale église du monastère de Studius est une basilique, l'église Saints-Serge-et-Bacchus, qui est aussi une église monastique, comprend une coupole sur plan octogonal. Les écrits de l'empereur Justinien (527-565) régissent le statut des monastères et leur ordre intérieur. L'empereur Justinien est le fondateur d'un des plus anciens monastères, ayant une grande influence culturelle dans le monde orthodoxe, le monastère Sainte- Catherine au mont Sinaï. Celui-ci a été construit avec une puissante enceinte de forteresse pour la défense des moines mais aussi pour permettre à l'Empire de contrôler les invasions arabes. Au cours des IVe-VIe siècles, les monastères situés sur le territoire de la Syrie jouent un rôle important pour la formation du schéma monastique fermé dont notamment le puissant monastère Qal'at Saman fondé vers la fin du Ve siècle à proximité de la colonne de saint Siméon le Stylite. Le monastère Hossios David est fondé à Thessalonique pendant la même époque (Ve siècle). Son église, qui est un perfectionnement du type d'église en croix à coupole sur pendentifs, conserve des mosaïques chrétiennes parmi les plus anciennes des Balkans. Les premiers monastères rupestres de Cappadoce sont fondés pendant cette même période.
Au VIe siècle, les tribus slaves pénètrent dans les Balkans et le premier État bulgare est fondé en 681. Les nouveaux habitants des Balkans trouvent un territoire presque entièrement christianisé sous l'influence de la culture monastique byzantine. La principale caractéristique du monachisme byzantin jusqu'au VIIIe siècle est la grande influence spirituelle exercée par l'Église sur tous les monastères. Les monastères deviennent un facteur fondamental de maintien de l'unité de l'idéologie de l'Empire, ce qui assure l'équilibre de l'État byzantin et son influence sur les Balkans.
Le monastère de Studius à Constantinople fut un des principaux acteurs de l'histoire de la période comprise entre 780 et 825. Théodore le Studite, devenu higoumène au monastère de Studius, écrit un certain nombre de principes de la vie communautaire, dont les principales versions sont la Petite et la Grande catéchèses, ouvrages qui connurent un succès considérable dans le monde byzantin. Le monastère de Studius devient un important centre d'éducation, de lettres et d'art, dispose de son propre scriptorium où s'effectuent la copie et la présentation des manuscrits. Menacés par les envahisseurs arabes (à partir du VIIe siècle), les centres de vie monastique se déplacent de plus en plus vers l'ouest. La période du IXe et Xe siècles est connue pour l'intense construction de monastères, dont le plus grand nombre sont des centres de lettres, possédant une puissante émanation religieuse. Les milliers de moines - réfugiés émigrant de l'Asie Mineure, de Syrie, etc., ont un rôle significatif pour la formation du type des monastères orthodoxes pendant cette période. Ainsi, les traditions paléochrétiennes de l'Orient se mélangent aux traditions de construction romano-helléniques autochtones. Le modèle byzantin du monastère centré est développé et répandu sur cette base. Le monastère de Daphni à proximité d'Athènes (VIe siècle) est d'une importance cruciale car il lance la structure centrée à cour rectangulaire.
L'adoption officielle du christianisme orthodoxe par la Bulgarie en 864 marque le tournant définitif des conditions religieuses dans le sud des Balkans. Les monastères de Pliska et de Preslav en Bulgarie (IXe-Xe siècle) sont des ensembles complexes, développés dans l'esprit des traditions byzantines. Les monastères de Preslav emploient pour la première fois l'ornementation spécifique en céramique peinte. Alors que les monastères de Pliska utilisent toujours le type paléochrétien à basilique de l'église monastique principale (le catholicon), ceux de Preslav appliquent déjà le type principal byzantin d'église en croix à coupole. Ce type est perfectionné et s'étend sur le territoire actuel de l'ex-République yougoslave de Macédoine (monastère Saint-Panteleimon d'Ohrid). Les églises et les monastères paléochrétiens de Thessalonique et du Péloponnèse (monastère de la Grande grotte, IXe siècle), situés sur le territoire actuel de la Grèce, prennent de l'importance à cette époque. Le premier peuplement du mont Athos (VIe-VIIe siècle) date de cette période et prépare son futur rôle dans la région.
II.2 Période Méso-byzantine (Xe-XIIe siècle) La période est liée au schisme définitif entre l'Église d'Orient et l'Église d'Occident (1054) et coïncide avec la domination byzantine dans les Balkans (XIe-XIIe siècle) et avec le reflux des formes monastiques ascétiques extrêmes à la base de l'anachorétisme. On observe une diffusion des institutions monastiques dans les villes. À cette époque le rôle créatif de Constantinople est dominant, de nombreux monastères y sont construits tant sur commande des empereurs que sur commande des représentants de la haute aristocratie. Par exemple, le début du Xe siècle voit la fondation du monastère de l'amiral Constantin Lips (Fenari Isa Camii) et celle, vers 920, du monastère appelé Myrelaion (Bodrum Camii) comprenant l'église mortuaire de l'empereur Romanus Lecapenus. Au XIe siècle, l'empereur Jean II Comnène fait édifier le monastère du Christ Pantocrator (Zeyrek Camii) dont la composition complexe comprend trois églises, dont une fonctionne en tant que sépulcre familial des Comnènes. Le monastère du Christ de la Chora (Kariye Camii), datant du XIe siècle, est reconstruit par Isaac Comnène en 1120.
Pendant la même période, le processus de formation progressive d'un autre centre monastique important commence : celui de la Sainte montagne du mont Athos, sur le territoire actuel de la Grèce. La fondation de la Lavra en 961, par Athanase l'Athonite est un événement majeur de l'histoire du monachisme byzantin. Si la Lavra n'est pas le premier grand monastère cénobitique de la Sainte montagne, il est un des plus considérable et un modèle pour les autres car il lance le type d'église triconque. Athanase adopte le système de la laure, inventé en Palestine au début du Ve siècle pour rendre compatible la vie érémitique et un minimum de cénobitisme ; il consolide l'aspect cénobitique en empruntant maints traits à l'organisation prônée par Théodore le Studite. Ceci marque le début de la création du centre monastique le plus puissant des Balkans, d'une importance exceptionnelle pour la culture orthodoxe. D'autres grands monastères sur le territoire de la Grèce actuelle ont aussi un rôle important pour l'adoption du type monastique : Saint-Luc en Phocide (Hossios Luckas) (Xe- XIe siècle) et Nea Moni (XIe siècle) sur l'île de Chios. Ce dernier est un ensemble complexe, entouré d'une enceinte fortifiée, où le catholicon domine. C'est un exemple d'évolution du modèle d'église en croix à coupole, à huit supports. Le catholicon du monastère de Daphni (XIe siècle) est particulièrement représentatif. Ces trois catholicons ainsi que des objets de culte conservent jusqu'à nos jours leur ornementation remarquable en mosaïque qui constitue un des chefs d'oeuvre de la peinture monumentale byzantine. Le monastère Saint-Jean le Théologien sur l'île de Patmos (XIe-XIIe siècle) est d'une importance particulière pour cette période : son réfectoire conserve des peintures murales de grande valeur datant de l'époque des Comnènes. Il faut signaler également l'importance de la communauté monastique de Cappadoce en Turquie (dont l'apogée se situe entre le Xe et le XIe siècle). Le monastère de Batchkovo (monastère de Petritzos) est fondé sur le territoire de la Bulgarie actuelle à cette époque (XIe siècle) par Grigorii Bakouriani (Pakourianos), chef de l'armée byzantine d'origine géorgienne. Il devient un centre du monachisme géorgien et comprend une église-ossuaire toute peinte, unique dans le monde orthodoxe. Le monastère de Rila (Xe siècle) est fondé sur le lieu des exploits anachorétiques du premier ermite saint Ivan Rilski. Un grand monastère est fondé autour de l'ermitage (Enkleistra) rupestre de l'ermite saint Néophite (1134-1214), non loin de Paphos sur l'île de Chypre, où des peintures murales de valeur datant du XIIe siècle sont conservées. C'est toujours sur l'île de Chypre qu'au début du XIIe siècle, le gouverneur byzantin de la région, Eumathios Philokales, fonde le monastère Saint-Jean Chrysostome à Koutsovendi lequel comprend une ornementation de peinture de valeur. Les fondations du monastère Saint-Naoum d'Ohrid (Xe siècle) sont érigées sur le territoire actuel de l'ex- République yougoslave de Macédoine et près de Skopje, l'aristocrate byzantin Alexis Comnène, construit le monastère Saint-Panteleimon à Neresi (1164) dont les peintures murales sont un monument très important pour l'histoire de la peinture byzantine du XIIe siècle. Le monastère Saint-Nikolas Mésopotamski à Vouchtica (XIe siècle) est édifié sur le territoire de l'actuelle Albanie.
II.3 Basse période byzantine (XIIIe-XVe siècle) La période est extrêmement riche pour le développement des monastères orthodoxes dans les Balkans. Elle correspond à la décadence de l'Empire byzantin qui connaît les croisades et, plus tard, la menace d'invasion ottomane. Dans ces conditions quatre centres importants de culture monastique prennent de l'ampleur.
Le premier centre se trouve à Constantinople. Pendant la dynastie des Paléologues, les monastères de Constantinople continuent à être d'importants centres d'éducation et de culture, des centres du réveil de l'humanisme antique et ont de l'influence sur le monde orthodoxe. Les mosaïques du monastère du Christ de la Chora (Kariye Camii) sont créées sur commande du Grand Logothète Théodore Metochites et sont de véritables chefs d'oeuvre pour l'art byzantin et européen. Une chapelle funéraire, ornée de mosaïques d'une grande valeur artistique, est construite dans le monastère Sainte-Marie Pammakaristos (Fethiye Camii).
Le deuxième centre est la République monastique de la Sainte montagne au mont Athos qui, au XIIIe siècle, assume définitivement ses fonctions de centre monastique orthodoxe suprême de l'Orient. Sa contribution s'articule autour de trois aspects :
La République monastique crée un modèle unique de gestion d'une communauté monastique territoriale (différent de celui des congrégations monastiques européennes occidentales), avec un organe suprême d'administration (protat) et une participation démocratique à la communauté des représentants de tous les monastères.
La possibilité pour les moines de tous les groupes ethniques orthodoxes des Balkans et d'autres régions de participer à cette République monastique permet la formation progressive d'un centre régional commun d'échanges intellectuels et d'élaboration des conceptions esthétiques générales, diffusées dans toute la région. D'où le rôle de la Sainte montagne pour la cohésion culturelle de la région.
La Sainte montagne a un rôle créatif pour le développement du type des monastères orthodoxes dans les Balkans. Le type monastique du mont Athos a permis le développement du modèle monastique centré qui, en plus des trois éléments constants que sont l'enceinte (muraille défensive et ailes d'habitation adjacentes), le catholicon et le réfectoire, intègre les innovations du mont Athos, c'est-à-dire une tour de défense (pyrgos) et une phiale (élément architectural pour le rite de la « Bénédiction des eaux »), ainsi que d'autres éléments fonctionnels tels que cuisines, bibliothèques, etc. Les comparaisons entre les monastères du mont Athos datant de cette époque tels que le monastère Saint-Athanase (XIe- XIIIe siècle), le monastère de Vatopédi (XIIIe siècle) et le monastère de Chilandar (XIIIe siècle) révèlent l'évolution de la structure monastique générale et du type d'église triconque. Le caractère fortifié des monastères apparaît.
Le modèle de la Sainte montagne a une valeur durable pour le développement des monastères orthodoxes dans les Balkans. En Bulgarie, des ensembles semblables de monastères territoriaux se développent vers le XIVe siècle : la Sainte montagne de Sofia et celle de Véliko Tarnovo (lesquels n'appliquent pas exactement la même forme d'administration que la République monastique). La grande Laure des Quarante saints Martyrs de Véliko Tarnovo et la tour défensive du monastère de Rila (XIVe siècle) ont été construites suivant le modèle du mont Athos. Pendant cette période, les monastères rupestres des environs d'Ivanovo marquent leur épanouissement par leurs peintures murales de très haute qualité.
Le troisième centre important de culture monastique dans les Balkans pendant cette période naît sur le territoire de la Yougoslavie. Au XIIe siècle, la Serbie devient un État indépendant et atteint son apogée au XIIIe-XIVe siècle en tant que successeur représentatif de l'Empire byzantin déjà démembré. C'est là qu'un centre artistique se forme résultant de l'interaction entre les conceptions architecturales et iconographiques byzantines, les traditions de construction autochtones et le mode de construction occidental - roman. Le monastère de Studenica (fin du XIIe siècle) fait figure de prototype pour les monastères serbes : il comprend une structure extérieure presque circulaire (sans équivalent dans la communauté byzantine, probablement influencée par l'architecture païenne slovène), un catholicon disposé au centre et des zones fonctionnelles intégrées (de culte, monastique et économique). Les églises de ce monastère, qui a un rôle particulièrement important pour le développement de l'État et de l'Église de la Serbie médiévale, conservent des fresques d'une grande valeur artistique, datant du XIIIe et du XIVe siècle. L'architecture est l'expression de l'influence romane, en particulier en ce qui concerne la constitution des formes des façades. Ce modèle est développé et enrichi dans une série de monastères construits au XIIIe siècle : Zica, Arilje, Sopocani, etc. Une mention spéciale doit être faite pour les fresques du monastère de Sopocani, lesquelles sont de véritables chefs d'oeuvre de la peinture religieuse des Balkans au XIIIe siècle. Plus tard, au monastère de Gracanica (XIVe siècle), un recours aux traditions byzantines plus marqué se manifeste tout en intégrant certains éléments de l'architecture romane. La structure rythmique du catholicon à cinq coupoles sur plan cruciforme est une modification originale serbe. Dans le monastère de Decani (XIVe siècle), les éléments traditionnels de l'architecture byzantine sont en interaction avec des formes du style roman tardif et du style gothique, avec des influences de l'Adriatique et de l'Italie du sud. Sur le territoire actuel de l'ex- République yougoslave de Macédoine, on peut mentionner les monastères Saint-Jean le Théologien - Canéo à Ohrid (XIIIe siècle), le monastère lié aux exploits anachorétiques de saint Gabriel de Lesnovo (XIVe siècle) décoré de fresques de valeur, le monastère Saint-Démétrius à proximité du village de Susica (XIVe siècle), dont les fresques occupent une place significative dans l'évolution de la peinture religieuse des Balkans et sur le territoire de l'Albanie actuelle, le monastère Saint-Jean-Baptiste à Moskopolis.
En plus des monastères de la Sainte montagne, il faut signaler le rôle dans ce processus de quelques autres monastères grecs. En premier lieu, on peut attirer l'attention sur l'architecture (à construction mixte, à décoration vive et avec inclusion d'éléments gothiques) et l'ornementation de peinture des monastères de Mistra (Mystras) (XIVe- XVe siècle), de l'ensemble du Brontochion et de la Vierge Pantanassa (1428), etc. C'est la période du grand épanouissement des monastères comme les Météores, à Thessalonique et en Crète, dans lesquels de précieux monuments de l'art sont conservés. Sans doute, les monastères de l'île de Chypre sont aussi d'une grande importance, puisque nous y trouvons des influences intéressantes de style byzantin et occidental (et surtout vénitien), comme c'est le cas avec le monastère Saint-Jean Lampadistes à Kalopanagiotes, dont les fresques sont considérées comme un exemple typique de la peinture italo-byzantine de l'époque.
Au moment de la phase définitive de l'invasion turque (XVe siècle), un quatrième centre important de culture monastique, situé sur le territoire de la Roumanie actuelle, se distingue. Au cours du XIVe siècle, deux principautés autonomes y sont fondées : la Valachie (Oltenie) et la Moldavie qui connaissent une prospérité culturelle. L'afflux de moines et d'artistes des territoires occupés des Balkans du sud, lesquels véhiculent des traditions byzantines et slaves méridionales, favorise grandement cette prospérité. Une transformation autochtone originale de la culture monastique orthodoxe voit le jour dans cette nouvelle aire culturelle. Sur la base des influences des formes autochtones, sud-balkaniques et gothiques occidentales, un style spécifique d'architecture monastique, dit style moldave, dont l'exemple le plus représentatif est le monastère de Neamþ, apparaît au XVe siècle.
II.4 Période Post-byzantine (XVe-XVIIe siècle) Pendant cette période, la domination de l'Empire ottoman s'étend sur presque tout le territoire des Balkans. Le début de la domination ottomane (XVe siècle) porte un coup sévère au monachisme orthodoxe. Plusieurs monastères sont détruits, d'autres sont abandonnés. La cohésion de l'orthodoxie dans les Balkans est perturbée. Le rôle intégrateur de la Sainte montagne du mont Athos diminue. Dans ces conditions, les monastères deviennent les seuls gardiens de l'identité chrétienne de la population autochtone et des traditions culturelles locales. Cependant, la structure de l'Église orthodoxe est épargnée : sous la juridiction du patriarcat de Constantinople, les monastères conservent leur autonomie relative. Sur cette base, vers la fin du XIVe siècle et au XVIe siècle, plusieurs monastères qui ont subsisté connaissent un renouveau. Dans une certaine mesure, la Sainte montagne du mont Athos rétablit ses fonctions de centre d'union orthodoxe à l'aide du rôle particulier des monastères slaves de Zographou, de Chilandar et de Saint-Panteleimon. Du fait des conditions économiques difficiles, on commence à édifier des dépendances, liés aux monastères les plus grands, comme une forme de survie économique. Les structures monastiques perdent progressivement leur caractère défensif de fortifications. Sur le territoire de la Grèce actuelle, en dehors du mont Athos, les Météores renaissent et des monastères en Épire, à Ioannina, etcþ sont édifiés. En Bulgarie, le fonctionnement du monastère de Rila se rétablit, les monastères de Kremikovtsi, Dragalevtsi, Saint-Dimitar à Bobochévo (XVe siècle), Elechnitsa, et plus tard à Arbanassi, Saint-Stéphane à Nessebar, etc. sont en cours d'édification ou de renouvellement. Dans ce contexte, une importance particulière peut être portée à la construction du catholicon, extrêmement surprenant par sa taille, et du réfectoire du monastère de Batchkovo, qui se réfère à des modèles du mont Athos tout en préservant une continuité avec l'ancien monastère géorgien du XIe siècle. Les monastères sur le territoire actuel de l'ex-République yougoslave de Macédoine méritent également notre attention : le monastère des Saints-Archanges aux environs de Skopje et le développement des monastères comme centres littéraires à Treskavac, à Jeglovski et à Mateic. Les monastères situés sur le territoire de la Yougoslavie actuelle (début du XVe siècle) tels Ravanica (1375), Resava, Lyoubostinya et Kalenic, créent l'école de Morava en architecture et en peinture. Les monastères sur le territoire de l'Albanie actuelle que l'on peut mentionner sont celui de l'Assomption à Gorinzi et celui de Delvino. Les deux principautés de Valachie et de Moldavie, situées sur le territoire actuel de la Roumanie, ont eu la chance de conserver leur autonomie relative pendant la domination ottomane dans les Balkans et voient le développement du style moldave, indépendant mais riche en influences, se poursuivre dans les monastères de Putna, de Humor, de Voronec et de Arbore. Ces derniers lancent une nouvelle pratique qui consiste à orner les façades des églises conventuelles moldaves de peintures murales. À la fin de la période, l'influence du baroque de Pologne et de Transylvanie augmente. Les monastères de Sucevita, XVIe siècle, de Moldovita, XVIIe siècle, et de Dragomirna, XVIIe siècle, conservent des ensembles précieux de fresques qui témoignent de l'évolution remarquable de l'art religieux dans les Balkans.
II.5 Période XVIIIe-XIXe siècle Vers la fin de la domination ottomane, les Balkans voient des conditions favorables à l'essor économique, social et culturel se développer. Les mouvements en faveur d'une indépendance nationale et pour une autonomie de l'Église sont favorisés. La construction de monastères connaît un nouvel essor, laquelle est l'expression de nouvelles modifications autochtones spécifiques de la culture monastique orthodoxe.
Malgré le maintien d'un esprit conservateur relativement plus important du modèle byzantin sur le territoire de la Grèce actuelle, certaines modifications se répercutent sur le centre monastique principal du mont Athos. Le mouvement post-byzantin, dit kolivadon, qui y prend naissance au XVIIIe siècle, est la cause d'une rénovation élaborée de la conception du monastère. Les façades intérieures des ailes des monastères deviennent beaucoup plus ouvertes et pittoresques et s'enrichissent de saillies et de balcons. Les nouveaux monastères construits dans cet esprit (tel le monastère bulgare de Zographou, XVIIIe- XIXe siècle) réduisent leur caractère défensif. Les monastères édifiés sur le territoire actuel de l'ex-République yougoslave de Macédoine méritent également notre attention (par exemple Saint-Ivan de Bigor, XVIIIe-XIXe siècle, le monastère de Slimnic, etc.) ; sur le territoire de l'Albanie actuelle, on peut citer le monastère Saint- Nicolas de Divri du XVIIIe siècle.
Deux modifications spécifiques de la culture monastique balkanique à cette époque se manifestent sur les territoires actuels de la Bulgarie et de la Roumanie. En Bulgarie, le style de l'architecture vernaculaire Réveil national est l'expression d'un nouvel esprit national et d'un désir de déployer toutes les ressources morales conservées. L'église principale et les ailes d'habitation du monastère de Rila (XIXe siècle) présentent une évolution du style monastique du mont Athos dans le sens d'une plasticité expressive, d'une décoration polychrome et d'une silhouette pittoresque. L'agrandissement du monastère de Batchkovo (XVIIIe siècle) est une confirmation de ces idées tout en conservant la continuité des étapes précédentes. Plusieurs monastères sont rénovés ou construits dans ce style comme le monastère de Troyan (XVIIIe siècle), le monastère de la Transfiguration (Préobrajénié) (XVIIIe- XIXe siècle), les monastères aux alentours de Véliko Tarnovo, de Sofia, etc.
Une ornementation intéressante de fresques est conservée dans ces monastères, laquelle témoigne d'un renouvellement iconographique et stylistique de la peinture religieuse combiné à certaines influences occidentales.
Dans un climat religieux semblable, mais dans des conditions d'influences de style différentes, le style Brancovan (XVIIe-XVIIIe siècle) naît en Roumanie, qui poursuit la tradition de synthèse entre les formes architecturales orientales et occidentales et offre une combinaison originale de modèles byzantins, de traditions locales, d'éléments islamiques et de formes de la Renaissance d'Europe occidentale et du baroque. Le modèle le plus connu de ce style est le monastère de Horezu.
La culture monastique dans les Balkans continue à évoluer après le XIXe siècle mais sans connaître de périodes d'apogée telles celles mentionnées précédemment. Les facteurs qui y contribuent sont la sécularisation rapide de la société dans la région, les rivalités nationales de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle, l'athéisme de la doctrine communiste dans les ex-pays socialistes, etc. Indépendamment de cela, la continuité spirituelle dans la culture monastique orthodoxe est maintenue, beaucoup de monastères sont revitalisés par les méthodes de conservation modernes, de nouvelles motivations sont créées par l'épanouissement du tourisme culturel.
III. TYPOLOGIE DES MONASTÈRES ORTHODOXES DANS LES BALKANS
La présente étude propose sept classifications de monastères orthodoxes, en retenant l'attention sur des types différents. La première classification est faite en fonction des valeurs culturelles complexes des monastères, lesquelles justifient leur place représentative dans l'évolution générale. Les six autres classifications sont faites en fonction des traits caractéristiques spécifiques des monastères.
III.1 En fonction de la place représentative du monastère au cours des différentes étapes de l'évolution historique Au cours de chaque période historique étudiée, certains monastères se distinguent par leur apport remarquable au développement de la culture monastique orthodoxe et par le fait qu'ils en sont les meilleurs représentants.
Pour la période Paléochrétienne et Proto byzantine (jusqu'au Xe siècle) : les monastères qui révèlent les racines de la culture orthodoxe, les prototypes des structures monastiques (monastère de Studius à Constantinople en Turquie), les premières formes de type répandu ultérieurement (les monastères paléochrétiens de Thessalonique en Grèce), les ensembles uniques (les monastères de Cappadoce en Turquie) ;
Pour la période Méso-byzantine (Xe- XIe siècle) : les monastères ayant joué un rôle important pour l'établissement du type cénobitique de monastère ou bien de ses formes uniques (les monastères de Constantinople en Turquie ; le monastère Saint-Jean le théologien de l'île de Patmos, Saint-Luc (Hossios Luckas) en Phocide et Nea Moni en Grèce ; le monastère de Batchkovo en Bulgarie) ;
Pour la Basse période byzantine (XIII- XVe siècle) : des monastères qui sont l'expression de l'identité des centres de culture monastique locaux : en Grèce (la République monastique de la Sainte montagne du mont Athos), en Yougoslavie (les monastères serbes de Studenica, de Sopocani, de Decani et de Gracanica), en Roumanie (le monastère de Neamþ), les monastères de l'île de Chypre, en Bulgarie (les monastères rupestres d'Ivanovo), dans l'ex- République Yougoslave de Macédoine (les monastères d'Ohrid) ;
Pour la période Post-byzantine (XVe- XVIIe siècle) : des monastères qui consolident et développent les traditions monastiques, préservent l'identité culturelle (la Sainte montagne du mont Athos) ou forment des ensembles originaux (les Météores en Grèce ; les églises conventuelles de Moldavie en Roumanie) ;
Pour la période XVIII-XIXe siècle : des monastères témoignant des modifications locales, datant de la dernière période d'essor de la construction de monastères (le monastère de Rila, le monastère de Batchkovo en Bulgarie ; le monastère de Horezu en Roumanie).
Les exemples cités sont loin d'être exhaustifs pour la sélection possible des types de monastères représentatifs.
III.2 En fonction du site En principe, le site des monastères est choisi très attentivement - par rapport à l'existence de lieux saints, de ressources naturelles avantageuses (eau potable, relief favorable, végétation, etc.), de chemins à proximité, etc. Être situé à proximité d'une localité est d'une importance particulière pour le caractère du monastère. De ce point de vue, il existe deux types de monastères :
Monastères urbains : situés dans des villes ou à proximité immédiate de celles-ci (les monastères de Constantinople en Turquie, de Thessalonique et de Mystras en Grèce) ;
Monastères extra-urbains : situés dans un site naturel (le monastère Hossios Luckas en Grèce, l'ermitage (Enkleistra) rupestre de l'ermite saint Néophite (1134-1214), non loin de Paphos sur l'île de Chypre, le monastère de Rila en Bulgarie).
III.3 En fonction de la structure spatiale et fonctionnelle La grande variété de structures monastiques peut être identifiée de divers points de vue :
En fonction de la configuration de la structure monastique : circulaire (le monastère de Studenica en Yougoslavie), rectangulaire (le monastère de Daphni en Grèce), polygonale (le monastère de Vatopédi en Grèce) ou combinée (Nea Moni en Grèce). En conformité avec la tradition chrétienne, l'enceinte des monastères est une combinaison des fonctions de défense et du rôle symbolique de « la sainte clôture ». Dans le cas du monastère serbe de Resava en Yougoslavie (XVe siècle), la fonction défensive de la muraille prédomine sous forme d'une fortification puissante à onze tours. Dans le cas d'autres monastères, la fonction défensive est réduite (les monastères du Bas Moyen Âge).
En fonction de l'organisation spatiale des principales fonctions monastiques (de culte, d'habitation, économiques, de pèlerinage) et leurs types de bâtiments monastiques : de culte (catholicon, églises d'hiver, églises de cimetière (ou mortuaire), églises ossuaires, réfectoires, etc.) ; d'habitation (cellules monastiques, chambres pour les hôtes, chambre de l'higoumène / du supérieur, etc.) ; de culture (bibliothèques, écoles, etc.) ; économiques et annexes (entrepôts, magasins, caves à vin, étables, poulaillers, cuisine, fours, hôpitaux, ensembles sanitaires, buanderies, etc.). Dans certains monastères, plusieurs zones fonctionnelles sont réunies dans le même espace (les monastères serbes en Yougoslavie). D'autres présentent des structures fonctionnelles complexes qui, soit englobent un jeu complet d'éléments fonctionnels (les monastères du mont Athos), soit aménagent les fonctions en cours séparées (le monastère de Troyan en Bulgarie).
III.4 En fonction de la stratification historique Certains monastères sont entièrement construits pendant une période déterminée sans inclure de couches historiques ultérieures. D'autres monastères ont une stratification historique complexe (le monastère de Batchkovo, en Bulgarie, inclut des éléments du XIIe, XVIe et XIXe siècle). Il n'est pas rare que les peintures murales et les ornements décoratifs soient eux-mêmes des couches historiques appliquées sur des bâtiments construits antérieurement (le monastère du Christ de la Chora (Kariye Camii) à Constantinople en Turquie, le monastère de Bobochévo en Bulgarie). La plupart des monastères ont une histoire complexe, liée à des transformations permanentes, des constructions supplémentaires et des restaurations de différentes parties de l'ensemble.
III.5 En fonction de la forme de l'organisation territoriale Dans le cas du monachisme cénobitique, datant de la plus haute période paléochrétienne, les cellules des anachorètes sont disposées autour du centre cénobitique (laure). Ce modèle a été utilisé au cours de périodes beaucoup plus tardives (les monastères de Cappadoce en Turquie ; les monastères rupestres d'Ivanovo en Bulgarie). Plus tard, le monastère compact devient le centre d'un système territorial de dépendances, couvents (methochos), églises, ermitages, etcþ (les monastères de la Sainte montagne, le monastère de Rila). Le système le plus complexe est celui de la République monastique du mont Athos en Grèce qui utilise une forme de gestion unique. Dans certains cas, il existe des concentrations territoriales de monastères mais sans de telles relations d'interdépendances (les Météores en Grèce, la Sainte montagne de Sofia en Bulgarie).
III.6 En fonction de l'attitude à l'égard de la nature Le plus souvent les monastères forment une symbiose entre le milieu naturel et le milieu bâti. Les monastères rupestres constituent une forme évidente d'habitation monastique dans un milieu naturel qui associe l'isolement et l'union avec la nature (ermitage (Enkleistra) rupestre de l'ermite saint Néophite, non loin de Paphos sur l'île de Chypre). Certains monastères s'adaptent de façon harmonieuse au milieu naturel (le mont Athos, le monastère de Rila), d'autres le dominent (Saint-Jean le théologien sur l'île de Patmos en Grèce). Parfois l'intégration du monastère dans le milieu naturel exprime la volonté d'assurer sa sécurité absolue et son inaccessibilité (les Météores).
III.7 En fonction de la typologie du catholicon Le type du catholicon est l'expression de l'évolution de l'architecture religieuse dans les Balkans : depuis le type primitif de basilique (le monastère de Studius à Constantinople en Turquie, les monastères de Preslav en Bulgarie) jusqu'aux types d'églises les plus répandus : à coupole sur plan cruciforme et triconque. Le type d'église du mont Athos (la grande Laure de Saint-Athanase du Xe siècle) apporte un perfectionnement du système à coupole sur plan cruciforme à quatre supports libres, auxquels il ajoute des conques d'un parfait effet statique. Il faut souligner aussi le rôle du type d'église à plusieurs autels, lancé au XIIe siècle (dans les monastères serbes) et qui s'est beaucoup répandu dans la région sous différentes formes.
IV. CRITÈRES PROPOSÉS POUR LE CLASSEMENT DES MONASTÈRES ORTHODOXES DANS LES BALKANS
Les neuf critères proposés peuvent servir d'outils d'identification « des valeurs universelles exceptionnelles » des monastères orthodoxes dans les Balkans et de leur classement, conformément aux termes de la Convention du patrimoine mondial (1972) et aux critères spécifiés dans les Orientations devant guider la mise en oeuvre de la Convention du patrimoine mondial. Ils dépendent de la caractéristique générale, de la typologie des monastères et de l'analyse historique comparative de leur évolution.Les critères 1 à 6 sont employés pour évaluer les valeurs représentatives des monastères. Le monastère susceptible d'être évalué doit satisfaire à un de ces critères au minimum.
Les critères 7 à 9 ne sont pas à employer individuellement, mais concurremment avec ceux du premier groupe. Les conditions nécessaires pour leur emploi sont l'existence et la crédibilité des sources d'information.
- Être un représentant éminent des monastères orthodoxes dans les Balkans durant leur évolution historique
Le classement au patrimoine mondial doit privilégier les monastères ayant une fonction créative pour l'évolution, dont la valeur culturelle complexe leur attribue un rôle important dans le processus général de continuité culturelle et/ou dans le cadre d'une période historique précise et/ou pour un centre local concret de culture monastique.
- Avoir été le premier ou l'unique témoignage d'un trait caractéristique important ou d'un signe typologique
Les monastères, qui lancent pour la première fois un modèle de structure monastique ou un élément de celle-ci, ayant exercé une influence sur la réalisation et la promotion d'un type déterminé, seront favorisés. Ils témoignent de la naissance d'un type ou sont d'une valeur importante pour la compréhension de la culture monastique dans les Balkans.
- Avoir été le centre d'un échange d'influences considérable
Le critère doit privilégier les monastères qui ont eu un rôle intégrateur en tant que centres d'interactions des ethnies, des cultures, des conceptions esthétiques, etc. Par ce fait, ils ont contribué à l'intégrité culturelle dans les Balkans, à l'évolution de l'architecture et des arts monumentaux et à la préservation des traditions. La République monastique de la Sainte montagne du mont Athos a joué un tel rôle.
- Avoir conservé des traces d'évolution historique continue
Certains monastères sont des structures évolutives et comprennent plusieurs stratifications historiques. Ce sont de véritables exemples d'une continuité culturelle séculaire. Ils constituent des sources d'information sur l'Histoire du monachisme orthodoxe, de l'architecture et des arts des Balkans. Il arrive que cette richesse documentaire soit menacée par des interventions de conservation inadaptées qui donnent la priorité à certaines couches historiques et en négligent d'autres.
- Avoir été un modèle architectural remarquable et/ou un exemple exceptionnel de synthèse de l'architecture et des arts monumentaux
Les monastères, dont la conception architecturale est d'une grande valeur et/ou sont des exemples de synthèse de l'architecture et des arts - monumentaux et appliqués (peinture murale, mosaïques et fresques, sculpture des autels en bois typiques pour l'orthodoxie, etc.), seront favorisés. Il existe des exemples de solutions artistiques uniques et d'innovations dans le domaine de l'iconographie, de la composition, de la couleur, du site choisi pour la peinture murale, etcþ. Parfois nous sommes les témoins de véritables chefs-d'oeuvre du génie créateur humain dans le domaine de l'architecture et des arts monumentaux.
- Avoir été un exemple éminent de symbiose entre architecture et nature
Le lien entre le monastère et le milieu naturel est porteur d'un contexte spirituel profond et il existe des exemples remarquables d'intégration harmonieuse des monastères dans leur milieu naturel (Cappadoce, les Météores). Certaines combinaisons harmonieuses d'un ensemble de monastères dans des sites naturels ont la valeur de paysages culturels (les monastères et les églises rupestres d'Ivanovo en Bulgarie) qui doit être appréciée.
- Avoir conservé l'intégrité de l'ensemble monastique
En raison d'un contexte historique assez trouble, de nombreux monastères n'ont pas conservé leur intégrité. Les causes en sont différentes : conflits militaires, incendies, vandalisme, cataclysmes (les Balkans sont une région très sismique). Dans certains cas seul le catholicon est resté intact, tandis que le reste a disparu ou est en ruines (le monastère de Daphni en Grèce). Dans d'autres cas, le monastère subsiste sous forme de ruines archéologiques (les monastères de Pliska et de Preslav en Bulgarie). Les monastères, ayant conservé les éléments fondamentaux de leur structure : catholicon, enceinte, réfectoire, peintures murales, principaux éléments fonctionnels, certifiés authentiques à l'aide de sources d'information sur l'histoire, la construction et l'usage du monastère, seront favorisés dans la mesure du possible.
- Avoir conservé son authenticité
Souvent, les monastères ont été rétablis, rénovés, restaurés, élargis, etcþ pour remplir leurs fonctions séculaires. Dans certains cas, ils ont de nouvelles fonctions (par exemple muséale ou touristique) ou sont abandonnés, privés de toute fonction. Il existe des cas où, de nos jours, les monastères, sont soumis à des reconstructions aléatoires menées sans informations suffisamment crédibles. Le classement au patrimoine mondial doit créer des conditions privilégiées pour les monastères qui ont conservé, dans la plus grande mesure du possible, l'authenticité de la conception, du contexte, des matériaux, de l'exécution et des fonctions, tout en préservant les traces de leur histoire.
- Être associé à des valeurs intangibles liées à son histoire
Certains monastères ne disposent d'aucune information renseignant leur histoire. D'autres monastères sont porteurs d'une forte émanation spirituelle associée à des valeurs « intangibles » : lieux saints, souvenirs de personnalités ou d'événements historiques importants pour l'État, l'ethnie ou la région, traditions vivantes, idées, oeuvres artistiques et littéraires, etc. Les monastères, porteurs de pareilles valeurs, attestées par des sources historiques crédibles, seront favorisés.
Todor Krestev
Elka BakalovaSofia, août 2002
V. BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE
Actes de Lavra (édition diplomatique et critique par Germaine Rouillard et Paul Collomp ; d'après les descriptions, photographies et copies de Gabriel Millet et Spyridon de Lavra), P. Lethiell, Paris, 1937.
Akyürek E., Bizans'ta Sanat ve Ritüel, Istanbul, 1996.
Amand de Mendieta E., L'art au mont Athos, Institut de recherches patristiques, Thessalonique, 1977.
Angelopoulou A., Ekklesiastike historia : he monachike politeia tou Hagiou Orous : historia, typika, zoe, Ekdot, Oikos Aphon Kyriakide, Thessalonike, 1987.
Archives de l'Athos, ed. P. Lemerle, N. Oikonomides, J. Lefort, Paris.
Bals G., Bisericile moldovenesti din veacul al XVII-lea si al XVIII-lea, Bucuresti, 1933.
Bals S. et C. Nicolesu, Manastirea Neamþ, Bucuresti, 1958.
Berbenliev P., Arhitekturno nasledstvo po balgarskite zemi, Sofia, 1987.
Bernbaum E., Sacred Mountains of the World, Berkeley, 1998.
Bozhkov A. et A. Vassiliev, Chudozhestvenoto nasledstvo na manastira Zograf. Naouka i izkoustvo, Sofia, 1981.
Bryer A., The Late Byzantine Monastery in Town and Countryside, Studies in Church History, 16 (1979), 219-241.
Byzantine Constantinople : Monuments, Topography, and Everyday Life, ed. N. Negipoglu, Leiden, 2001.
The City of Mystras : [exhibition] Mystras, August 2001-January 2002 [contributors to catalogue, academic supervision, Pari Kalamara, Angeliki Mexia ; texts written by Anna Avramea et al.], Athens : Hellenic Ministry of Culture, 2001.
Curcic S. Gracanica : King Milutin's Church and Its Place in Late Byzantine Architecture, University Park, Pennsylvania, 1979.
Cyprus, the Holy Island (Kypros, he hagia nesos : icons through the centuries, 10th-20th century), A.G. Leventis Foundation, Nicosia, 2000.
Delegiannes D., Meteora mouseia, Nephele, Athena, 1999.
Djuric V., Sopocani, Beograd, 1963.
Djuric V., Byzantinische Fresken in Jugoslawien, Beograd, 1976.
Dragut V., La peinture murale de la Moldavie, Meridiane, Bucarest, 1983.
Dujcev I., Rilskijat svetez I negovata obitel, Sofia, 1947.
Eyice S., Son Devir Bizans Mimarisi, Istanbul, 1980.
Enev M., Rilskijat manastir, Bolkan Publishing Company, Sofia, 1997.
Failler A., Le monachisme byzantin aux XIe-XIIe siècle : Aspects sociaux et économiques, Cahiers d'Histoire, n°20 (1975), 279-302.
Grabar A., La peinture religieuse en Bulgarie, Paris, 1928.
Grabar A., L'origine des façades peintes des églises moldaves, dans : Mélanges offerts à Nicolas Iorga, Paris, 1933, 365-383.
Grozdanov Cv., Études sur la peinture d'Ochrid (en macédonien), Skopje, 1990.
Hellier Chr., Monasteries of Greece, Taurus Parke Books, London, 1996.
Henry P., Folklore et iconographie religieuse. Contribution à l'étude de la peinture moldave, Bucuresti, 1928.
Hirschfeld Y., The Judean Desert. Monasteries in the Byzantine Period, Yale University Press, New Haven and London, 1992.
Huber P., Athos. Leben, Glaube, Kunst, Atlantis Verlag, Zurich, Freiburg, I. Rr., 1969.
Hyde, W. W., The monasteries of Meteora and Greek monasticism, Philadelphia, 1913.
R. Janin. Géographie ecclésiastique de l'Empire byzantin. T.II. Les églises et les monastères des grands centres byzantins (Bithynie, Hellespont, Latros, Galésios, Trébizonde, Athènes, Thessalonique), Paris, 1975.
Jerphanion G. de, Une nouvelle province de l'art byzantin ; les églises rupestres de Cappadoce, Séries : Haut-commissariat de la République Française en Syrie et au Liban, Service des Antiquités et des Beaux-Arts, Bibliothèque archéologique et historique, v. 5-6, P. Geuthner, Paris, 1925.
Jolivet-Lévy C., La Cappadoce médiévale. Images et spiritualité, Zodiaque, Paris, 2002.
Kovachev M., Bulgarsko monashestvo v Aton, Sofia, 1967.
Krautheimer R., Early Christian and Byzantine Architecture, Penguin Books, first published 1965.
Mathews Th., The Byzantine Churches of Istanbul : A Photographic Survey, University Park, Pennsylvania, 1976.
Mileusnic S., The Medieval Monasteries of Serbia, Novi Sad, 1995.
Monasteries of the Via Egnatia, Cultural-tourist Guide n°1-3, The Greek Ministry of Culture, 1999.
Macridy Th., The Monastery of Lips and the Burials of the Palaeologi, Dumbarton Oaks Papers, 18 (1964), 253-277.
Mango C. & E.J.W Hawkins, The monastery of Lips (Fenari Isa Camii) at Istanbul : Additional Notes, Dumbarton Oaks Papers, 18 (1964), 299-315.
Megaw A.H.S., The Original Form of the Theotokos Church of Constantine Lips, Dumbarton Oaks Papers, 18 (1964), 279- 298.
Medieval Cyprus. Studies in Art, Architecture and History in Memory of Doula Mouriki, Princeton University Press, 1999.
Millet G., Monuments byzantins de Mistra ; matériaux pour l'étude de l'architecture et de la peinture en Grèce aux XIVe et XVe siècles, E. Leroux, Paris, 1910.
Millet G., L'École grecque dans l'architecture byzantine, E. Leroux, 1916.
Millet G., Monuments de l'Athos, E. Leroux, Paris, 1927.
Millet G., La peinture du Moyen Âge en Yougoslavie, Paris, 1957.
Morris R., Monks and Laymen in Byzantium, 843-1118, Cambridge, 1995.
Mount Athos and Byzantine Monasticism, Eds. A. Bryer and M. Cunningham, Variorum, 1996.
Müller-Wiener M. & J. Cramer, Istanbul-Zeyrek : Studien zur Erhaltung eines traditionellen Wohngebietes, Hamburg, 1982.
Müller-Wiener M., Bildlexikon zur Topographie Istanbuls, Ernst Wasmuth, Tübingen, 1977.
Nickel H., Architecture du Moyen Âge en Europe orientale, Leipzig, 1981.
Nicol D.M., Meteora ; the rock monasteries of Thessaly, London, Chapman and Hall, 1963.
Ousterhout R., The Architecture of the Kariye Camii in Istanbul, Dumbarton Oaks Studies 25, Washington D.C., 1987.
Ousterhout R., The Art of the Karye Camii, Scala Publisher, Istanbul, 2002.
Patmos : Treasures of the Monastery, Ed. A.Kominis, Ekdotike Athenon, Athens, 1988.
Popovic S., The Cross in the circle, Monastery Architecture in Medieval Serbia, (en serbe), Belgrade, 1994.
Popovic S., The architectural Iconography of the Late Byzantien Monastery, Canadian Institute of Balkan Studies, Toronto, 1997.
Prashkov L., E. Bakalova, S. Boyadzhiev, Monasteries in Bulgaria, Spectar, Sofia, 1992.
The Sabaite Heritage in the Orthodox Church from the Fifth century to the Present, Ed. by J. Patrich, Uitgeverij Peeters en Departement oosterse studies, Leuven, 2001.
Les saints et leurs sanctuaires à Byzance. Textes, images et monuments, publié par C. Jolivet- Lévy, M. Kaplan, J.-P. Sodini, Publications de la Sorbonne, 1993.
Le Sacré et son inscription dans l'espace à Byzance et en Occident. Études comparées, sous la direction de M. Kaplan, Publications de la Sorbonne, 2001.
Serafimova A., Medieval Painting in Macedonia, 9th-18th centuries, Skopje, 2000.
Sinkevic I., The Church of St. Panteleimon at Nerezi, Architecture, Programme, Patronage, Reichert Verlag, Wiesbaden, 2000.
Stefanescu I.D., L'évolution de la peinture religieuse en Bucovine et en Moldavie depuis les origines jusqu'au XIXe siècle, Paris, 1928.
Strippelmann R., Athos : Die die Mönche vom Heiligen Berg, Insel, Frankfurt am Main, 1996.
Touleshkov N., Architekturata na Bulgarskite manastiri, Sofia, 1988.
Underwood P., The Kariye Djami, 3 volumes, New York, 1966.
Van Millingen A., Byzantine Churches in Constantinople : Their History and Architecture, London, 1912.
Zura Goce Angelicin, Selection from the History of Art in Ochrid and the region in the period of the 15th to 19th centuries, Ochrid, 1996.
ANNEXE
Itinéraires culturels du Sud-Est Européen
Monastères et centres religieux dans la région
Projet multinational dans le cadre de la Campagne du Conseil de l'Europe « Europe, un patrimoine commun » ; PRIX JEP 2000, Grand prix 2002 de la Délégation de l'Union Européenne en Bulgarie ; Promoteur et coordinateur du projet : ICOMOS/Bulgarie ; Sponsors : La Fondation Roi Baudouin, Programme PHARE BG 9606, La Fondation Société Ouverte.
Parc National de Göreme et sites rupestres de Cappadoce
Église Karanlik (Turquie)
Photo : © UNESCO - H. Daifuku.
Monuments paléochrétiens et byzantins de Thessalonique
Mosaïque de la Rotonde (Grèce)
Photo : © UNESCO.
Monastère de Studenica - Église de la Vierge (Yougoslavie)
Photo : © Institut de protection des monuments historiques de Belgrade.
Mont Athos - Monastère de Vatopédi (Grèce)
Photo : © UNESCO.
Mystras - Monastère de Pantanassa (Grèce)
Photo : © Hannibal.
Églises de Moldavie - Église Saint-Georges de Suceava (Roumanie)
Photo : © UNESCO.
Monastère des Météores (Grèce)
Photo : © UNESCO.
Monastère de Horezu (Roumanie)
Photo : © UNESCO.
Monastère de la contrée naturelle et culturo-historique d'Ohrid
(Ex-République Yougoslave de Macédoine)
Photo : © UNESCO
Monastère de Rila (Bulgarie)
Photo : © UNESCO
Les Monastères orthodoxes dans les balkans, par Prof. Dr Todor Krestev et Prof. Dr Elka Bakalova, 2003.
Publiée par le Conseil International des Monuments et des Sites (ICOMOS),
49-51 rue de la Fédération, 75015 Paris, FRANCE.
E-mail: secretariat@icomos.org;
Tél: +33 1 45 67 67 70; Fax: +33 1 45 66 06 22http://www.icomos.org/studies/balkan.htm
15 août 2003