Principes de l'ICOMOS pour la preservation et la conservation/restauration des peintures murales

 

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Principes de l'ICOMOS pour la preservation 
et la conservation/restauration des peintures murales
(2003)
 


Ratifiée par la 14e Assemblée Générale de ICOMOS, à Victoria Falls, Zimbabwe, octobre 2003
Introduction et définition 

Les peintures murales sont des expressions culturelles de la création humaine à travers l’histoire, depuis les origines, avec l’art rupestre, jusqu’aux œuvres d’art mural actuelles. Leur détérioration ou leur destruction, accidentelles ou intentionnelles, constituent une perte qui affectent une part importante du patrimoine culturel de l’humanité.

La Charte de Venise (1964) pose les principes généraux de la conservation/restauration du patrimoine culturel. La Déclaration d’Amsterdam (1975), qui introduit la notion de conservation intégrée, et le Document de Nara sur l’authenticité (1994), qui aborde la diversité culturelle, complètent ces principes. Parallèlement à ces documents et des contributions complémentaires pertinentes telles que le code d’éthique ICOM-CC (1984), le Document de Pavie (1997) et les Règles Professionnelles de l’E.C.C.O. (1997), l’objectif du présent document est de fournir des principes plus spécifiques pour la protection, la préservation et la conservation/restauration des peintures murales. Le présent document met en exergue des pratiques et des principes de base universels et ne tient pas compte des questions spécifiques à des régions ou des pays qui peuvent être traitées au niveau régional ou national par des recommandations supplémentaires si cela s’avérait nécessaire. 

La richesse des peintures murales repose sur la diversité des expressions culturelles, des réussites esthétiques et sur la variété des matériaux et des techniques utilisés depuis les temps anciens jusqu’à nos jours. Les articles suivants se réfèrent à des peintures créées sur des supports inorganiques, tels que le plâtre, la brique, l’argile ou la pierre, et excluent des peintures réalisées sur des supports organiques, tels que le bois, le papier ou la toile. Les matériaux composites utilisés dans de nombreux bâtiments historiques doivent recevoir un traitement particulier, hors du champ d’application du présent document. Les surfaces architecturales et les couches de finition, avec leur valeur historique, esthétique ou technique, doivent être considérées comme des composantes importantes des monuments historiques. 

Les peintures murales font partie intégrante des monuments et des sites et doivent être préservées in situ. Nombre de problèmes affectant les peintures murales sont liés au mauvais état des bâtiments ou des structures, à leur mauvais usage, à l’absence d’entretien ou à de fréquentes réparations et modifications. De même que de fréquentes restaurations, des dégagements intempestifs et l’usage de méthodes et de matériaux inadaptés peuvent entraîner des dommages irréparables. Des pratiques et des qualifications professionnelles insuffisantes ou inadéquates ont conduit à des résultats fâcheux. C'est la raison pour laquelle, un document pertinent, définissant les principes corrects de conservation/restauration des peintures murales, s’avère indispensable. 

Article 1 : Politique de protection intégrée 

Une approche initiale et nécessaire de la protection des peintures murales, quelles que soient les cultures et les religions, exige que l’on dresse l’inventaire des monuments et des sites comportant des peintures murales, même lorsqu’elles ne sont pas visibles. Les lois et les réglementations qui régissent la protection du patrimoine culturel doivent interdire la destruction, la dégradation ou la modification des peintures murales et de leur environnement. La législation doit non seulement protéger les peintures murales, mais aussi mettre à la disposition des spécialistes des ressources pour la recherche, organiser le traitement et la surveillance professionnels et faire valoir leurs valeurs matérielles et immatérielles aux yeux du public. 
Si des interventions s’avèrent nécessaires, celles-ci doivent être entreprises en pleine connaissance et avec l’accord des autorités de tutelle. Des sanctions doivent être prévues pour toute violation des réglementations. De même que des dispositions doivent prendre en compte les nouvelles découvertes et leur préservation dans l’attente d’une protection officielle. Des projets d’aménagement urbains ou d’infrastructures, tels que la construction de routes, de barrages, la transformations de bâtiments, etc. qui affecteraient des peintures murales, ne doivent pas être entrepris sans réaliser une étude d’impact préalable et sans prévoir des dispositions adéquates de sauvegarde. 

Des efforts particuliers doivent être fournis, avec la coopération de différentes autorités, pour intégrer et respecter la fonction cultuelle des peintures religieuses sans compromettre leur authenticité.

Article 2 : Investigation 

Tout projet de conservation doit commencer par de rigoureuses investigations scientifiques. L’objectif est de rassembler autant d’informations que possible sur la composition de la structure et les différentes couches superposées et d’évaluer leurs dimensions historiques, esthétiques et techniques. Doivent être englobés dans de telles études toutes les valeurs matérielles et immatérielles de la peinture, ainsi que les modifications, les ajouts et les restaurations historiques. 
Cela exige une approche pluridisciplinaire. 

Les méthodes d’investigation doivent être autant que possible non-destructives. Une attention particulière doit être accordée aux peintures murales qui pourraient être dissimulées sous un lait de chaux, des couches de peinture, du plâtre, etc. Les préalables à tout programme de conservation sont l’investigation scientifique des mécanismes de macro- et micro-dégradations, l’analyse de matériau et le diagnostic de l’état. 

Article 3 : Documentation 

En accord avec la Charte de Venise, la conservation/restauration de peintures murales doit être accompagnée d’un programme défini de documentation sous la forme d’un rapport analytique et critique, comportant des illustrations : dessins, relevés, photographies, cartographies, etc. L’état des peintures, les caractéristiques techniques et formelles relevant du processus de la création et de l’histoire de l’objet doivent être connus. De plus, chaque étape de la conservation et de la restauration, chaque matériel et chaque méthode utilisés doivent être consignés. Ce rapport doit être conservé dans les archives d’une institution publique et mis à la disposition du public intéressé. Des copies de ces documents doivent aussi être conservées sur place ou confiés à la garde des responsables du monument. Il est également recommandé que les résultats des travaux soient publiés. Les documents doivent être classés par chapitres identifiables, par exemple investigation, diagnostic et traitement. Les supports traditionnels écrits et graphiques peuvent être complétés par des documents numérisés. Quelle que soit la technique utilisée, la permanence de ces archives et leur disponibilité future est toutefois de la plus haute importance.

Article 4 : Conservation préventive, entretien et gestion de site 

L’objectif de la conservation préventive est de créer des conditions favorables pour limiter le délabrement et éviter le recours à des traitements curatifs inutiles afin de prolonger la durée de vie des peintures murales. 
Une surveillance compétente et le contrôle de l’environnement sont tous deux des composantes essentielles de la conservation préventive. Des conditions climatiques défavorables et des problèmes d’humidité peuvent provoquer des détériorations et des attaques biologiques. Grâce à la surveillance, les premiers symptômes de délabrement de la peinture ou de la structure du support sont détectés, permettant ainsi d’éviter l’extension des dommages. Une déformation ou une défaillance de la structure, conduisant à de possibles effondrements, peuvent être détectés à un stade précoce. L’entretien régulier du bâtiment ou de la structure est la meilleure garantie pour la sauvegarde des peintures murales. 

Les usages publics inappropriés et incontrôlés des monuments et des sites comportant des peintures murales peuvent engendrer des dommages à ces dernières. Cela peut impliquer une limitation des visites et, dans certains cas, la fermeture temporaire au public. Il est toutefois préférable que le public ait la possibilité de connaître et d’apprécier des peintures murales qui font partie du patrimoine culturel commun. Par conséquent, il convient d’intégrer à la gestion des sites un aménagement adapté de l’accès et de l'usage des lieux, afin de préserver, autant que possible, les valeurs authentiques matérielles et immatérielles des monuments et des sites. 

Pour diverses raisons sociologiques, idéologiques et économiques, de nombreuses peintures murales, souvent situées dans des lieux isolés, sont victimes de vandalisme et de vols. Dans ces cas-là, les autorités doivent prendre des mesures préventives particulières. 

Article 5 : Conservation et restauration 

Les peintures murales sont une partie intégrante du bâtiment ou de la structure. En conséquence, leur conservation doit être envisagée en même temps que la structure de l’entité architecturale et leur environment. Toute intervention sur le monument doit prendre en compte le caractère spécifique des peintures murales et les conditions de leur préservation. Toutes les interventions, telles que la consolidation, le nettoyage et la réintégration, doivent être réduits au niveau minimum nécessaire permettant d’éviter toute disparition de matériel et toute diminution d’authenticité picturale. Partout où cela est possible, des échantillons de couches stratigraphiques attestant l’histoire des peintures doivent être préservés, de préférence in situ. 

Le vieillissement naturel est un témoignage du temps et doit être respecté. Les transformations chimiques et physiques irréversibles doivent être préservées s’il est nuisible de les oter. Les restaurations précédentes, les ajouts et les couches picturales recouvrant des couches plus anciennes font partie de l’histoire des peintures murales. Ils doivent être considérés comme des témoins des interprétations et évalués de façon critique. 

Toutes les méthodes et tous les matériaux utilisés dans la conservation et la restauration des peintures murales doivent prendre en compte l’éventualité de futurs traitements. L’utilisation de nouveaux matériaux et de nouvelles méthodes doit être basée sur des données scientifiques détaillées et des résultats d’essais concluants en laboratoire et sur site. Toutefois, on doit garder à l’esprit que les effets à long terme de nouveaux matériaux et de nouvelles méthodes sur les peintures murales sont inconnus et peuvent être dommageables. Par conséquent, l’utilisation de matériaux traditionnels, compatibles avec les composantes de la peinture et la structure environnante, doit être encouragée. 

L’objectif d’une restauration est d’améliorer la lisibilité de la forme et du contenu des peintures murales tout en respectant la création originale et son histoire. La réintégration esthétique contribue à réduire la visibilité des dommages et doit d’abord être testée sur un matériel qui ne soit pas d’origine. Les retouches et les restitutions doivent être discernables de l’original. Tous les rajouts doivent être facilement reversibles. Trop de repeint doit être évité. 

Le dégagement de couches picturales exige le respect de la situation historique et doit tenir compte de l’évaluation des pertes éventuelles. Cette opération ne devrait être effectuée qu’après étude préliminaire de leur état, de leur importance et de leur valeur et, lorsque cela est possible, sans provoquer de dommages. Les peintures récemment mises au jour ne doivent pas être exposées à des conditions défavorables. 

Dans certains cas, la reconstitution de peintures murales décoratives ou de surfaces architecturales colorées fait partie d’un programme de conservation et de restauration. Cela suppose la conservation des fragments authentiques et pourrait impliquer leur recouvrement complet ou partiel par des couches protectrices. Une reconstitution bien documentée et exécutée de manière professionnelle, à l’aide de matériaux et de techniques traditionnels, témoigne de l’apparence historique de façades et de décors intérieurs. 

Une direction compétente doit rester vigilante durant toutes les phases du projet de conservation/restauration et doit recevoir l’approbation des autorités compétentes. Il serait souhaitable qu’un contrôle indépendant du projet soit assuré par des autorités ou des institutions compétentes, libres de tout intérêt commercial dans le résultat final de l’opération. Les responsables des décisions de gestion doivent être nommés et les travaux doivent être mis en œuvre par des professionnels possédant des qualifications et des compétences adéquates. 

Article 6: Mesures d’urgence 

Dans les cas d’urgence, des mesures immédiates de sauvetage sont nécessaires pour sauvegarder des peintures murales. Les matériaux et les techniques utilisés doivent permettre un traitement ultérieur. Des mesures de conservation appropriées doivent être entreprises aussi vite que possible avec la permission des autorités compétentes. 

La dépose et le transfert sont des opérations radicales, irréversibles et dangereuses qui affectent sévèrement la composition physique, la structure matérielle et les caractéristiques esthétiques des peintures murales. Ces opérations ne sont par conséquent justifiables que dans des cas extrêmes, lorsque aucune solution de traitement in situ n’est possible. Dans de telles circonstances, la décision de dépose et de transfert doit toujours être prise par une équipe de professionnels plutôt que par la personne chargée d’effectuer le travail de conservation. Les peintures déposées doivent être recollées à leurs emplacements d’origine dans la mesure du possible. 

Des mesures spéciales doivent être prises pour la protection et l’entretien des peintures détachées de leur support d’origine, ainsi que pour la prévention des vols et la dispersion des œuvres. 

L’application d’une couche de recouvrement dissimulant un décor existant, dans l’intention de prévenir des dommages ou la destruction par l’exposition à un environnement inhospitalier, doit être exécutée avec des matériaux compatibles avec les peintures murales et d’une manière qui permettra leur restitution ultérieure. 

Article 7 : Recherche et information du public 

La création de projets de recherche dans le domaine de la conservation/restauration des peintures murales est une condition essentielle à l’élaboration d’une politique de préservation durable. La recherche sur des questions susceptibles de compléter nos connaissances sur les processus de dégradation doit être encouragée. La recherche qui étendra nos connaissances sur les techniques de peintures originales, ainsi que sur les méthodes et les matériaux utilisés dans les restaurations anciennes est essentielle pour la mise en œuvre de projets de conservation adéquats. Cette recherche est également pertinente pour les disciplines connexes des arts et des sciences. Il convient de réduire au minimum les perturbations causées aux matériaux qui serviront à l’étude ou à l’obtention d’échantillons. 

La diffusion de la connaissance est une caractéristique importante de la recherche, et devra être faite à destination de la communauté scientifique autant que du grand public. L’information du public contribue considérablement à la prise de conscience de la nécessité de préserver les peintures murales, même si les travaux de conservation/restauration peuvent causer des désagréments temporaires. 

Article 8 : Qualifications et formation professionnels 

La conservation/restauration de peintures murales est une discipline spécialisée appartenant au domaine de la préservation du patrimoine. Ces travaux exigent des connaissances, des compétences et des savoirs-faire particuliers, de sorte que les conservateurs-restaurateurs de ces biens culturels doivent recevoir une éducation et une formation professionnelle comme le recommandent le Code d’éthique du Comité conservation de l’ICOM (1984) et les associations telles que E.C.C.O. (European Confederation of Conservator-Restorers’ Organisations) et ENCoRE (European Network for Conservation-Restoration Education). 

Article 9: Traditions de rénovation 

Dans quelques régions du monde, les pratiques authentiques des artistes et des artisans se poursuivent par la reproduction de programmes iconographiques et de décors historiques utilisant des techniques et des matériaux traditionnels. Ces traditions, qui répondent à des exigences religieuses et culturelles et s’en tiennent aux principes de Nara, doivent être maintenues. Des savoir-faire traditionnels en matière de peintures sont également des conditions préalables pour la conservation/restauration. Cependant, bien qu’il soit important de préserver ces connaissances particulières, cela n’ implique pas que les traitements de conservation/restauration de peintures murales soient effectués par des artisans ou des artistes. 

Article 10: Coopération internationale 

Partager l’entretien d’un patrimoine commun est une notion acceptée au niveau national et international. Il est donc nécessaire d’encourager l’échange des connaissances et la diffusion des informations à tous les niveaux. Dans l’esprit d’une collaboration interdisciplinaire, les conservateurs - restaurateurs de peintures murales ont besoin de travailler en liaison avec leurs collègues d’autres pays et avec les institutions adéquates et les spécialistes du monde entier. 

L'ébauche de ce document, sous sa forme actuelle, a été rédigée à Copenhague les 28 octobre - 1er novembre 2002, puis révisé et complété à Thessalonique le 8 et 9 mai 2003. Rapporteur : Isabelle Brajer 

Participants
R.C. Agrawal (Inde)
Valia Anapliotou (Grèce)
Stefan Belishki (Bulgarie)
Giorgio Bonsanti (Italie)
Isabelle Brajer (Danemark)
Marjan Buyle (Belgique)
Jaime Cama Villafranca (Mexique)
Nikolas Charkiolakis (Grèce)
Rob Crèvecoeur (Pays Bas)
Luigi Dei (Italie)
Alberto Felici (Italie)
Vaios Ganitis (Grèce)
George Kavakas (Grèce)
Haris Lionis (Grèce)
Penelope Mavroudi (Grèce)
Vassilis Petropoulos (Grèce)
Michael Petzet (Allemagne)
Ursula Schädler-Saub (Allemagne)
Walter Schudel (Belgique)
Nimal de Silva (Sri Lanka)
Roland Silva (Sri Lanka)
Kirsten Trampedach (Danemark)
Ioannis Zervos (Grèce)

Declaration of Dresden on the "Reconstruction of Monuments Destroyed by War" (1982)

At the invitation of the ICOMOS National Committee of the German Democratic Republic, participants from 11 countries held a symposium in Dresden from November 15th to 19th, 1982 on the subject of the "Reconstruction of Monuments Destroyed by War".

The meeting:

  • has observed once again in Dresden with profound shock, what terrible suffering and losses war causes for people and their cultural property,
  • recognized the achievement of the government and people of the German Democratic Republic, in reclaiming a substantial part of their treasures that had been damaged or believed lost, and in particular, architectural monuments,
  • against this background gives its full support to the recommendation (No. 308) of the 2nd World Conference of Unesco (Mexico, August 1982), concerning the prevention of wars,
  • and agrees also with the resolution concerning the same subject, adopted by the VIth General Assembly of ICOMOS in 1981 in Rome.

The meeting summarizes the results of its discussions in the following basic assessment:

  1. The task of social development after the war, the reconstruction of towns and villages, and the resulting task of the protection of monuments constitutes a single entity. The spiritual values of monuments and the desire to acknowledge them both intellectually and politically were the reasons for initiating their reconstruction.
  2. The objective and the practical efforts of governments and peoples in the restoration of monuments and the preservation of the character of towns and villages which has evolved over time have been, and will remain to be of great importance for the bond between peoples and their native lands and for their participation in social progress in their country.
  3. A great cultural effect has been and will be achieved in such places where protection and meticulous preservation of monuments go hand in hand with efforts to restore their impact and to promote the understanding of them, and where existing monuments have been harmoniously complemented by new works of architecture, respecting and enhancing typical urban ensembles including their natural setting.
  4. Since men have been influenced by the wartime destruction and by reconstruction work after the war to regard monuments with increasing interest, in particular as providing evidence of history, fresh emphasis has been placed on the demand to preserve the original substance of the monument. By this is meant that substance which, in all those components which make it worthy of being recognized as a monument, has grown through the ages, and which, by virtue of its authenticity, confirms the origins of the monument and its historical evolution up to the present day.
  5. Reconstruction gave fresh impetus to basic studies and to intensive research by means of archaeology, for new modes of documenting results in monument protection. Completion of the documentation of individual monuments and of the stock of monuments is also recognized as an urgent task for the protection of monuments from the consequences of armed conflicts and catastrophes.
  6. The new interest in the intellectual acknowledgement of monuments has frequently given rise to the wish to restore a monument by reason of its meaning and impact, in addition to mere preservation. The type and scope of restoration have been and continue to be dependent on the significance and specific character of the monument, on the extent of destruction, and of the cultural and political function attached to it.
  7. In reconstructing monuments destroyed by war various techniques have been developed. A multiplicity of factors have to be taken into account in each individual case. These range from the conservation of a monument for its symbolic value to the restoration of a townscape condition which cannot be abandoned.
  8. In the restoration of monuments destroyed by war special care should be taken that the historic development up to the present time can be traced. This applies to the elements of monuments from different periods as well as other evidence of its fate. This might include modern elements which have been added in a responsible manner. The complete reconstruction of severely damaged monuments must be regarded as an exceptional circumstance which is justified only for special reasons resulting from the destruction of a monument of great significance by war. Such a reconstruction must be based on reliable documentation of its condition before destruction.
  9. The need to continue the traditional use of a building has frequently accelerated the restoration of destroyed architectural monuments. Increasing awareness of the spiritual value of monuments has further encouraged this trend. This concerns to a large extent residential houses in towns and villages as well as town-halls, churches, and other historic buildings.
  10. The destruction of a monument frequently results in completely new objectives for social use and their understanding after its reconstruction being established. This may range from the efforts to find a use of great public significance to residential use.
  11. In the task of reconstructing monuments, a highly meticulous scientific methodology has evolved, as well as skills in technology, artistry and craftsmanship. Arising from the legitimate desire of peoples to restore damaged monuments as completely as possible to their national significance, necessary restoration work, going beyond conservation, has attained a high professional level and thereby a new cultural dimension as well.
  12. More and more clearly, peoples combine pride in monuments of their own history with interest in monuments of other countries and with respect for cultural achievements, both past and present, of the peoples represented by these monuments. Worldwide exchange of knowledge and experience on characteristic features, historical evidence, and the beauty of the cultural heritage, especially the monuments of every people and each ethnic and social group, plays a constructive role in assuring equitable, peaceful co-existence between peoples.

Our experience working in the field of monuments protection, in seeing the terrible loss of human life and the destruction of cultural treasures by wars, our experience in the beautiful and responsible work of restoring and newly understanding these monuments, place an obligation on all of us to make every effort for a more secure peace in the world on the basis of assiduous international cooperation and disarmament.

Dresden, November 18th, 1982


 

Declaration of Rome (1983)

Given:

  • the immense variety and the qualitative and quantitative richness of the archaeological, architectural, historical and artistic, environmental and natural, archival and book heritage existing in Italy.
  • the lack of available economic and financial resources,
  • the extremely tense climate which is characteristic of the present stage of growth and transformation of Italian society,

Taking into consideration the fundamental cultural contributions continuously provided by Italian experts, not only to the knowledge of the history of art but also to theories of conservation and to the practice of restoration,

Noting also, in comparison with other countries, the permanent involvement of the Parliament, the Italian Government and, above all, of the concerned public services in the conservation of the cultural heritage,

Therefore, in the aim of rendering actions for the integrated conservation of the national, cultural heritage more incisive and more precise, the Italian National Committee, under the patronnage of the Ministry of Cultural Property and of the Environment, recalling the work accomplished at the national symposia of Sorrento (1979) and of Naples (1981), discussed the following theme in Rome (9-10 June 1983) on the basis of earlier studies: "Monuments and Sites: conservation action in Italy today".

After hearing and discussing the reports and communications, the symposium noted the serious deficiencies which exist in Italy today in the field of the conservation and the restoration of the cultural heritage. These deficiencies are due, on the one hand, to the insufficiently clear relationship between theory and practice, and on the other hand, to the inherent dangers of the current political and socio-economic situation.

The Assembly noted specifically:

  1. A co-ordination which is rare, even non-existent, among the various bodies involved in conservation at all levels : local, regional, national and international. This situation is aggravated by other factors, such as the lack of an organic structure in these institutions; the separation between the University and the government services in charge of cultural property; the absence of coordination among the Ministries and, above all, between Cultural Affairs and Public Works, though the latter provides considerable funding for the architectural heritage.
  2. Serious consequences due to the fact that architectural restoration operations are too often awarded to insufficiently qualified professionals of the private and public sector. This situation proves the absolute necessity to employ competent restorers, having received university level training and post-graduate level specialized training.
  3. Ulterior consequences due to the unsupervised work of new, unqualified, private contractors on monuments, historic centres and sites. This phenomenon has been accentuated by the poor health of the construction industry which has led certain contractors toward restoration work despite their lack of training, under the cover of recent, ambiguous legislation on architecture and town planning. This legislation is itself an expression of the present state of general confusion.

The Assembly, proposing to remedy point by point the aforementioned deficiencies and the errors attached to them,

  1. requests of the Parliament, the Government and the competent controlling bodies, a total involvement in the coordination of the administrative, didactic, normative, technical and cultural initiatives taken by national and international organisms, for a careful programming of architectural operations and for the rigourous supervision of the real qualifications of professionals and contractors working in the field of restoration.
  2. confirms and adopts the contents and conclusions of the "International Meeting of Co-ordinators for Training in Architectural Conservation" (organized by ICCROM, Rome, December 1982). During that meeting, the Assembly did indeed confirm the utmost importance of: the training of specialized personnel, in the historical and technical fields, in architecture and town planning who should be employed for all restoration work, according to the recognized multidisciplinary, scientific method of conservation work; and the strengthening of the competent international organizations for education and cultural training, such as ICCROM.

By the formulation of these recommendations to competent organisms and to the cultural world, the Assembly confirms the intention of ICOMOS to act and its readiness to co-operate for the most rapid practical application of these recommendations.


Document de NARA sur l'authenticité (1994)

Préambule

 

1. Nous, experts réunis à Nara (Japon), tenons à saluer la générosité et la vision intellectuelle des autorités japonaises qui nous ont ménagé l'opportunité d'une rencontre destinée à mettre en question des notions devenues traditionnelles en matière de conservation du patrimoine culturel et à instaurer un débat sur les voies et moyens d'élargir les horizons dans la perspective d'assurer un plus grand respect, de la diversité des cultures et des patrimoines dans la pratique de la conservation.

2. Nous avons apprécié à sa juste valeur le cadre de discussion proposé par le Comité du Patrimoine mondial. Celui-ci s'est déclaré désireux de mettre en application, lors de l'examen des dossiers d'inscription qui lui sont soumis, un concept d'authenticité respectueux des valeurs culturelles et sociales de tous les pays.

3. Le " Document de Nara sur l'authenticité " est conçu dans l'esprit de la " Charte de Venise, 1964 ". Fondé sur cette charte, il en constitue un prolongement conceptuel. Il prend acte de la place essentielle qu'occupe aujourd'hui, dans presque toutes les sociétés, le patrimoine culturel.

4. Dans un monde en proie aux forces de globalisation et de banalisation et au sein duquel la revendication de l'identité culturelle s'exprime parfois au travers d'un nationalisme agressif et de l'élimination des cultures minoritaires, la contribution première de la prise en compte de l'authenticité consiste, aussi dans la conservation du patrimoine culturel, à respecter et mettre en lumière toutes les facettes de la mémoire collective de l'humanité.

Diversité culturelle et diversité du patrimoine

 

5. La diversité des cultures et du patrimoine culturel constitue une richesse intellectuelle et spirituelle irremplaçable pour toute l'humanité. Elle doit être reconnue comme un aspect essentiel de son développement. Non seulement sa protection, mais aussi sa promotion, demeurent des facteurs fondamentaux du développement de l'humanité.

6. Cette diversité s'exprime aussi bien dans une dimension spatiale que temporelle tant pour les cultures que pour les modes de vie qui leur sont liés. Dans le cas où les différences entre cultures seraient à l'origine de situations conflictuelles, le respect de la diversité culturelle requiert la reconnaissance de la légitimité des valeurs spécifiques de toutes les parties en cause.

7. Les cultures et les sociétés s'expriment dans des formes et des modalités d'expression, tant tangibles que non tangibles, qui constituent leur patrimoine. Ces formes et modalités doivent être respectées.

8. Il importe de rappeler que l'UNESCO considère comme principe fondamental le fait que le patrimoine culturel de chacun est le patrimoine culturel de tous. De la sorte, les responsabilités sur le patrimoine, et sur la manière de le gérer appartiennent en priorité à la communauté culturelle qui la génère ou à celle qui en a la charge. Toutefois, l'adhésion aux chartes et aux conventions relatives au patrimoine culturel implique l'acceptation des obligations et de l'éthique qui sont à la base de ces chartes et conventions. De ce fait, la pondération des propres exigences à l'égard d'un même patrimoine est hautement souhaitable, toutefois sans qu'elle ne contrevienne aux valeurs fondamentales des cultures de ces communautés.

Valeurs et authenticité

 

9. La conservation du patrimoine historique, sous toutes ses formes et de toutes les époques, trouve sa justification dans les valeurs qu'on attribue à ce patrimoine. La perception la plus exacte possible de ces valeurs dépend, entre autres, de la crédibilité des sources d'information à leur sujet. Leur connaissance, leur compréhension et leur interprétation par rapport aux caractéristiques originelles et subséquentes du patrimoine, à son devenir historique ainsi qu'à sa signification, fondent le jugement d'authenticité concernant l'œuvre en cause et concerne tout autant la forme que la matière des biens concernés.

10. L'authenticité, telle qu'elle est ainsi considérée et affirmées dans la " Charte de Venise ", apparaît comme le facteur qualificatif essentiel quant à la crédibilité des sources d'informations disponibles. Son rôle est capital aussi bien dans toute étude scientifique, intervention de conservation ou de restauration que dans la procédure d'inscription sur la Liste du Patrimoine Mondial ou dans tout autre inventaire du patrimoine culturel.

11. Tant les jugements sur les valeurs reconnues au patrimoine que sur les facteurs de crédibilité des sources d'information peuvent différer de culture à culture, et même au sein d'une même culture. Il est donc exclu que les jugements de valeur et d'authenticité qui se rapportent à celles-ci se basent sur des critères uniques. Au contraire, le respect dû à ces cultures exige que chaque oeuvre soit considérée et jugée par rapport aux critères qui caractérisent le contexte culturel auquel elle appartient.

12. En conséquence, il est de la plus haute importance et urgence que soient reconnues, dans chaque culture, les caractères spécifiques se rapportant aux valeurs de son patrimoine, ainsi qu'à la crédibilité et la fiabilité des sources d'information qui le concernent.

13. Dépendant de la nature du monument ou du site et de son contexte culturel, le jugement sur l'authenticité est lié à une variété de sources d'informations. Ces dernières comprennent conception et forme, matériaux et substance, usage et fonction, tradition et techniques, situation et emplacement, esprit et expression, état original et devenir historique. Ces sources sont internes à l'oeuvre ou elles lui sont externes. L'utilisation de ces sources offre la possibilité de décrire le patrimoine culturel dans ses dimensions spécifiques sur les plans artistique, technique, historique et social.

Annexe 1

Suggestions pour les suites à donner au Document (proposées par H. Stovel)

1. Le respect de la diversité des cultures et des patrimoines exige un effort soutenu pour éviter qu'on impose des formules mécaniques ou des procédures uniformisées lorsqu'on tente de définir et d'évaluer l'authenticité d'un monument ou d'un site.

2. L'appréciation de l'authenticité en respectant les cultures et la diversité du patrimoine demande une approche qui encourage les cultures à se doter de méthodes d' "analyse et d'instruments qui reflètent leur nature et leurs besoins. De telles approches peuvent avoir plusieurs points communs dont les efforts nécessaires pour : - S'assurer que l 'évaluation de l'authenticité engage une collaboration multidisciplinaires et la contribution adéquate de toutes les expertises et connaissances disponibles ;
- S'assurer que les valeurs reconnues soient vraiment représentatives d'une culture et de la diversité de ses préoccupations, notamment envers les monuments et les sites ;
- Documenter clairement la nature spécifique de l'authenticité des monuments et des sites pour constituer un guide qui serve à leur traitement et au suivi ;
- Actualiser les appréciations du degré d'authenticité à la lumière de l'évolution des valeurs et du contexte.

3. Il est particulièrement important de faire l'effort pour s'assurer qu'on représente les valeurs reconnues et que le processus de leur identification comprenne des actions pour développer , dans la mesure du possible, un consensus multidisciplinaire et communautaire à leur endroit.

4. Les démarches devraient reposer sur la coopération internationale parmi tous ceux et celles qui s'intéressent à la conservation du patrimoine culturel et contribuer à cette coopération afin d'accroître le respect universel et la compréhension de la diversité des valeurs et des expressions culturelles.

5. La poursuite de ce dialogue et son extension dans les différentes régions et cultures du monde constitue un pré requis pour augmenter la valeur pratique de l'attention qu'on porte à l'authenticité dans la conservation du patrimoine commun de l'humanité.

6. La sensibilisation accrue du public à cette dimension du patrimoine est absolument nécessaire pour arriver à des mesures concrètes qui permettent de sauvegarder les témoignages du passé. Cela signifie que l'on développe une plus grande compréhension de valeurs que représentent, en soi, les biens culturels autant que de respecter le rôle que jouent des monuments et sites dans la société contemporaine.

Annexe II

DéfinitionsConservation : comprend toutes les opérations qui visent à comprendre une oeuvre, à connaître son histoire et sa signification, à assurer sa sauvegarde matérielle et, éventuellement sa restauration et sa mise en valeur. (Le patrimoine culturel comprend les monuments, les ensembles bâtis et les sites tels que les définit l'article 1 de la Convention du patrimoine mondial).

Sources d'information : ensemble des sources monumentales, écrites, orales, figurées permettant de connaître la nature, les spécificités, la signification et l'histoire d'une œuvre.

Le Document de Nara sur l'Authenticité a été rédigé par 45 participants à la Conférence de Nara sur l'Authenticité dans le cadre de la Convention du Patrimoine Mondial, tenue à Nara, Japon,1-6 novembre 1994, sur l'invitation de la Direction des Affaires Culturelles du Gouvernement Japonais et la Préfecture de Nara. La Direction organisa la Conférence de Nara en coopération avec l'UNESCo, l'ICCROM et l'ICOMOS. Cette version finale du Document de Nara a été rédigée par les deux rapporteurs généraux de la Conférence, M. Raymond Lemaire et M. Herb Stovel.

Guidelines for Education and training in the conservation of Monuments, Ensembles and Sites (1993)

The General Assembly of the International Council on Monuments and Sites, ICOMOS, meeting in Colombo, Sri Lanka, at its tenth session from July 30 to August 7, 1993;

Considering the breadth of the heritage encompassed within the concept of monuments, ensembles and sites;

Considering the great variety of actions and treatments required for the conservation of these heritage resources, and the necessity of a common discipline for their guidance;

Recognizing that many different professions need to collaborate within the common discipline of conservation in the process and require proper education and training in order to guarantee good communication and coordinated action in conservation;

Noting the Venice Charter and related ICOMOS doctrine, and the need to provide a reference for the institutions and bodies involved in developing training programmes, and to assist in defining and building up appropriate standards and criteria suitable to meet the specific cultural and technical requirements in each community or region;

Adopts the following guidelines, and Recommends that they be diffused for the information of appropriate institutions, organizations and authorities.

AIM OF THE GUIDELINES

1. The aim of this document is to promote the establishment of standards and guidelines for education and training in the conservation of monuments, groups of buildings ("ensembles") and sites defined as cultural heritage by the World Heritage Convention of 1972. They include historic buildings, historic areas and towns, archaeological sites, and the contents therein, as well as historic and cultural landscapes. Their conservation is now, and will continue to be a matter of urgency.

CONSERVATION

2. Conservation of cultural heritage is now recognized as resting within the general field of environmental and cultural development. Sustainable management strategies for change which respect cultural heritage require the integration of conservation attitudes with contemporary economic and social goals including tourism.

3. The object of conservation is to prolong the life of cultural heritage and, if possible, to clarify the artistic and historical messages therein without the loss of authenticity and meaning. Conservation is a cultural, artistic, technical and craft activity based on humanistic and scientific studies and systematic research. Conservation must respect the cultural context.

EDUCATIONAL AND TRAINING PROGRAMMES AND COURSES

4. There is a need to develop a holistic approach to our heritage on the basis of cultural pluralism and diversity, respected by professionals, craftspersons and administrators. Conservation requires the ability to observe, analyze and synthesize. The conservationist should have a flexible yet pragmatic approach based on cultural consciousness which should penetrate all practical work, proper education and training, sound judgement and a sense of proportion with an understanding of the community's needs. Many professional and craft skills are involved in this interdisciplinary activity.

5. Conservation works should only be entrusted to persons competent in these specialist activities. Education and training for conservation should produce from a range of professionals, conservationists who are able to:

  1. read a monument, ensemble or site and identify its emotional, cultural and use significance;
  2. understand the history and technology of monuments, ensembles or sites in order to define their identity, plan for their conservation, and interpret the results of this research;
  3. understand the setting of a monument, ensemble or site, their contents and surroundings, in relation to other buildings, gardens or landscapes;
  4. find and absorb all available sources of information relevant to the monument, ensemble or site being studied;
  5. understand and analyze the behaviour of monuments, ensembles and sites as complex systems;
  6. diagnose intrinsic and extrinsic causes of decay as a basis for appropriate action;
  7. inspect and make reports intelligible to non-specialist readers of monuments, ensembles or sites, illustrated by graphic means such as sketches and photographs;
  8. know, understand and apply Unesco conventions and recommendations, and ICOMOS and other recognized Charters, regulations and guidelines;
  9. make balanced judgements based on shared ethical principles, and accept responsibility for the long-term welfare of cultural heritage;
  10. recognize when advice must be sought and define the areas of need of study by different specialists, e.g. wall paintings, sculpture and objects of artistic and historical value, and/or studies of materials and systems;
  11. give expert advice on maintenance strategies, management policies and the policy framework for environmental protection and preservation of monuments and their contents, and sites;
  12. document works executed and make same accessible;
  13. work in multi-disciplinary groups using sound methods;
  14. be able to work with inhabitants, administrators and planners to resolve conflicts and to develop conservation strategies appropriate to local needs, abilities and resources;
AIMS OF COURSES

6. There is a need to impart knowledge of conservation attitudes and approaches to all those who may have a direct or indirect impact on cultural property.

7. The practice of conservation is interdisciplinary; it therefore follows that courses should also be multidisciplinary. Professionals, including academics and specialized craftspersons, who have already received their normal qualification will need further training in order to become conservationists; equally those who seek to act competently in historic environment.

8. Conservationists should ensure that all artisans and staff working on a monument, ensemble or site respect its significance.

9. Training in disaster preparedness and in methods of mitigating damage to cultural property, by strengthening and improving fire prevention and other security measures, should be included in courses.

10. Traditional crafts are a valuable cultural resource. Craftspersons, already with high level manual skills, should be further trained for conservation work with instruction in the history of their craft, historic details and practices, and the theory of conservation with the need for documentation. Many historic skills will have to be recorded and revived.

ORGANIZATION OF EDUCATION AND TRAINING

11. Many satisfactory methods of achieving the required education and training are possible. Variations will depend on traditions and legislation, as well as on administrative and economic context of each cultural region. The active exchange of ideas and opinions on new approaches to education and training between national institutes and at international levels should be encouraged. Collaborative network of individuals and institutions is essential to the success of this exchange.

12. Education and sensitization for conservation should begin in schools and continue in universities and beyond. These institutions have an important role in raising visual and cultural awareness - improving ability to read and understand the elements of our cultural heritage - and giving the cultural preparation needed by candidates for specialist education and training. Practical hands-on training in craft work should be encouraged.

13. Courses for continuing professional development can enlarge on the initial education and training of professionals. Long-term, part-time courses are a valuable method for advanced teaching, and useful in major population centres. Short courses can enlarge attitudes, but cannot teach skills or impart profound understanding of conservation. They can help introduce concepts and techniques of conservation in the management of the built and natural environment and the objects within it.

14. Participants in specialist courses should be of a high calibre normally having had appropriate education and training and practical working experience. Specialist courses should be multidisciplinary with core subjects for all participants, and optional subjects to extend capacities and/or to fill the gaps in previous education and training. To complete the education and training of a conservationist an internship is recommended to give practical experience.

15. Every country or regional group should be encouraged to develop at least one comprehensively organized institute giving education and training and specialist courses. It may take decades to establish a fully competent conservation service. Special short-term measures may therefore be required, including the grafting of new initiatives onto existing programmes in order to lead to fully developed new programmes. National, regional and international exchange of teachers, experts and students should be encouraged. Regular evaluation of conservation training programmes by peers is a necessity.

RESOURCES

16. Resources needed for specialist courses may include e.g.:

  1. an adequate number of participants of required level ideally in the range of 15 to 25;
  2. a full-time co-ordinator with sufficient administrative support;
  3. instructors with sound theoretical knowledge and practical experience in conservation and teaching ability;
  4. fully equipped facilities including lecture space with audio-visual equipment, video, etc. studios, laboratories, workshops, seminar rooms, and staff offices;
  5. library and documentation centre providing reference collections, facilities for coordinating research, and access to computerized information networks;
  6. a range of monuments, ensembles and sites within a reasonable radius.

17. Conservation depends upon documentation adequate for understanding of monuments, ensembles or sites and their respective settings. Each country should have an institute for research and archive for recording its cultural heritage and all conservation works related thereto. The course should work within the archive responsibilities identified at the national level.

18. Funding for teaching fees and subsistence may need special arrangements for mid-career participants as they may already have personal responsibilities.

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